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LACTH : Programme scientifique 2013-18
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Domaine Territoire
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TERRITOIRE

Vers une épistémologie de la fabrique des territoires: techniques, esthétiques et gouvernances en débat

 
1. Positionnement théorique
 
Dans le cadre de notre programme de travail pour le précédent pluriannuel « Complexité des modèles de compréhension de la ville contemporaine, statut et rôle de l'architecture à l'échelle territoriale », nous avons répondu à l'appel à projet de recherche du BRAUP sur le thème de l'Architecture de la Grande Echelle. Notre recherche « Inventer les futurs de la métropole lilloise : échelles, modèles et scénarios. Une métropole transfrontalière en projet(s) », interrogeait le regard, et les méthodes de l'architecte et du paysagiste, ainsi que les contenus de l'architecture et du paysage à l'échelle du territoire, en associant l'enseignement du projet et la recherche. Nous pouvons aujourd'hui souligner la fécondité de cette association.
En effet, ce jalon pour nous essentiel permet aujourd'hui de poser la « Fabrique des territoires » comme objet de recherche en architecture et en paysage. Il s'agit d'interroger non seulement les phénomènes à l'échelle territoriale, mais aussi les projets et les discours ainsi que leurs interrelations.
 
La première question est celle des modèles de pensée, tels que : histoire de l'urbanisme, normes géographiques, représentations, etc.
Elle concerne en premier lieu Urbanisme et urbanisation : L'histoire de l'urbanisme (la pensée sur la ville) ne recouvre pas toute l'histoire de l'urbanisation (les formes spatiales du et dans le territoire). Comment d'autres outils, et d'autres sources que les archives de l'urbanisme, peuvent-ils mettre à jour des processus d'urbanisation autres que ceux centrés sur les villes ?
Le second couple de notions qui mérite d'être interrogé est la relation entre Quantitatif et qualitatif : Les définitions géographiques corroborent des modèles convenus du territoire . Quelles mesures, images et notions développe-t-on pour appréhender les formes d'urbanisation en dehors - ou en amont - de ces modèles ? Comment travailler avec la grande quantité de données, d'informations - et leur non-hiérarchisation - contemporaine pour qualifier les situations urbaines ?
Le troisième couple de notions concerne Les mots et les choses : Les mots - ou notions - qu'on utilise pour nommer les formes d'urbanisation sont les premières représentations qu'on en formule. Mais des mots génériques sont utilisés pour recouvrir des réalités spécifiques différentes. Quelles représentations complémentaires faut-il construire pour : - mettre en évidence les écarts entre les mots et les territoires décrits ? - analyser les enjeux sous-jacents aux discours utilisant ces notions ?
ce questionnement s'appuie sur des outils méthodologiques assez spécifiques à l'architecte tels que l'analyse des représentations, la production de cartographie inédite, et la comparaison par la mise en série de situations.
Plus globalement, ces objets interrogent les postures et les outils développés dès lors que l'on n'est plus immergé dans un modèle, dans un "grand récit" - ou quand on est à cheval sur plusieurs paradigmes - ou encore, quand on doit construire soi-même ses modes de validation.
Il s'agit aujourd'hui de mettre en jeu ce questionnement à partir de processus de projet urbain : l'urbanisme de subsidiarité, l'urbanisme descriptif, l'urbanisme "bottom up", l'urbanisme de scénarios, globalement toute démarche qui projette non seulement dans les conditions contemporaines d'incertitude, de complexité et d'absence de modèle, mais qui fait le projet avec.
 
La seconde question concerne les conditions de la recherche en architecture et en paysage en ce qui concerne les territoires.
Elle interroge d'une part le rôle de l'histoire dans l'approche des territoires par le chercheur en architecture et en paysage.
En effet, la recherche en architecture et en paysage aborde fréquemment des situations spatiales contemporaines recouvrant une diversité d'échelles, en ayant recours à l'histoire pour en comprendre la complexité. Cette question intéresse particulièrement le LACTH dans la mesure où le recours à l'histoire est une des spécificités du LACTH au-delà des domaines de recherche.
Elle interroge également le rôle de la culture du projet dans la compréhension des territoires. On peut penser que le mode de pensée des chercheurs en architecture et en paysage est structuré par le projet : On pourrait résumer cette posture spécifique par une série d'actions propres: conjuguer la pensée et le faire ; travailler avec les contraintes pour être créatif ; accumuler des matériaux pour imaginer une solution synthétique par « intuition ».
En effet, contrairement aux géographes, les chercheurs en architecture et en paysage ne commencent pas par découper les questions, mais formulent au contraire des hypothèses en rassemblant le maximum de données sur la question, puis en structurant les idées. La synthèse des données ne résulte en général pas d'un raisonnement analytique.
Par ailleurs, l'usage de la description sensible convoquée par le projet interroge la place de la sensibilité (et de la subjectivité) dans la recherche menée au sein des écoles d'architecture et de paysage.
Enfin, la prise en compte de l'humain se fait à travers les usagers en tant que moteur de la conception spatiale, indicateur de qualité.
 
On peut ajouter aux spécificités liées à la culture du projet :
- Une attention à ce qui est « déjà là », en germe et qui doit advenir.
- La prise en compte dans les études urbaines des limites du site, de l'articulation des échelles spatiales.
- L'utilisation fréquente du détour, de l'écart, des chemins de traverse.
 
Elle interroge enfin le rôle de la typologie et du raisonnement par type. Le recours à la notion de type urbain par le chercheur ne risque t'il pas constamment une simplification des données du territoire ? Par exemple, on peut penser qu'analyser les relations entre ville et université à travers le type urbain du campus, en masquant la complexité et surtout la richesse du tissu universitaire ne permet pas de comprendre l'épaisseur des fonctionnalités urbaines liées à l'enseignement supérieur.
 
2. Projet de recherche
Pour explorer ces questions théoriques, nous envisageons la constitution progressive d'un atlas de l'Eurométropole Lille Kortrijk Tournai.
Dans une certaine mesure, cet atlas est déjà entamé par les travaux de l'ADUL et par nos propres travaux.
Nous voulons, en continuité de ce que nous avons réalisé pour le précédent pluriannuel compléter ces travaux par un regard original, qui témoigne des contenus de l'ENSAPL en abordant conjointement l'architecture et le paysage à l'échelle métropolitaine.
Ce regard trouve ses sources dans les recherches que nous avons menées :
- L'architecture de la grande échelle, où nous avons ébauché une méthodologie d'approche du territoire métropolitain qui permette d'envisager le projet d'architecture et de paysage à la grande échelle.
- POPSU, où nous avons tenté d'éclairer les termes de stratégie et de projet urbain en dressant une histoire contemporaine de l'urbanisme, entre autre à travers le cas de Roubaix.
- « En marge »... Paysage et biodiversité des délaissés et accotements infrastructurels de l'eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai » pour le PIRVE
- Bilan et mise en perspective des PRU en Région Nord/Pas de Calais, pour l'ARH.
ainsi que dans les enseignements de séminaire de recherche « Territoire » et les enseignements de projet de master du domaine d'étude « Territoires en mutation et situations métropolitaines ».
 
D'un point de vue méthodologique, trois systèmes sont en jeu :
- La cartographie.
- L'architecture et le paysage
- Les discours.
 
Au-delà de ce qui est représentable, en fonction des échelles, la cartographie pose la question de ce qui est observable. Il s'agit là d'une question de positionnement.Par exemple, la tentative de mise en place du PRES de Lille a montré que la carte universitaire de la métropole varie en fonction de ce que l'on entend par enseignement supérieur : universités, grandes écoles, IUT, BTS, etc... Si le PRES reprend l'ensemble de l'enseignement supérieur de la métropole (et à fortiori de la Région), la carte est une nébuleuse qui se superpose à tout le territoire métropolitain.
A travers les fonctionnalités envisagées et les caractéristiques de la construction, mais aussi au-delà, l'architecture et le paysage posent la question des valeurs esthétiques en jeu dans un domaine défini. Par exemple, dans le cas de l'enseignement supérieur déjà évoqué, y a t'il des codes implicites ou explicites qui régissent l'architecture et le paysage? Même s'ils semblent caricaturaux, les éléments présentés par Lille pour le plan Campus peuvent être interrogés de ce point de vue (valeur du signe, topologie : catégories présentes dans l'art contemporain, qui pourrait fournir les éléments d'analyse de ces valeurs).
 
Enfin, les discours peuvent être envisagés sur le plan de l'émission et de la réception.
Lorsqu'il y a projet, les discours qui lui servent de véhicules (discours de l'architecte, du paysagiste, du commanditaire) sont-ils comparables à ceux de la réception (dont on peut considérer que la presse, aux différentes échelles : locale, nationale, internationale est un bon indicateur).
La méthode que nous proposons partirait à chaque fois d'un élément pris comme indice (par exemple : l'enseignement supérieur, ou le logement, ou les délaissés, etc..), pour construire la confrontation entre les trois systèmes. Ce n'est qu'ensuite, collectivement que se confronteraient les contenus singuliers dans des étapes de synthèse.
La mise en action simultanée de la cartographie, de la critique architecturale et paysagère et de l'analyse des discours serait envisagée en relation avec l'exploration continue des questions théoriques que nous avons posées.
L'atlas proposé articulerait les données concrètes mises en dynamique par la prise en compte des trois systèmes et les explorations théoriques de la recherche.
En même temps qu'une meilleure compréhension du territoire, cette recherche contribuera à une meilleure connaissance de la recherche architecturale et paysagère à l'échelle territoriale.
 
 
 

 
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