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LESSINES, PFE
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DEPLACER L’ECHELLE DU REGARD : LES PETITES ENERGIES

Myrtille Allard

La ville diffuse doit trouver son propre modèle de fonctionnement qui se détache des catégories classiques de ville et de campagne. Les villages resteront toujours attractifs pour leur cadre de vie et l'idéal commun de l'accession à la propriété individuelle, mais ils ne peuvent pas être de simples villages dortoirs ponctués de pavillons. De plus que ce territoire lessinois, à mi-chemin chemin entre ville et campagne, n'est pas seulement un potentiel pour délocaliser des industries trop gourmandes en espace dans les centres urbains. Au contraire, la ville diffuse doit développer ses propres activités économiques, s'appuyer sur ses capacités agricoles, fonctionner comme un réseau de micro manufactures et de services s'appuyant sur le potentiel du numérique et tirer avantage de son foncier bas pour développer des énergies renouvelables à faible coût.
En s'inspirant de son histoire, elle pourrait s'approcher de l'image de la « fabrique rurale », proto-industrie2 qui a par exemple vu naître au 19ème siècle l'industrie textile à Lille-Roubaix-Tourcoing, mais aussi Gand en Flandre Orientale. Dans ce territoire, on peut construire des solutions de transport alternatif qui valorisent des espaces porteurs
de liens et d'échanges. De plus, il est nécessaire de prévoir des perspectives de densification future, liées à la démographie et aux migrations résidentielles et d'adapter l'habitat aux nouveaux besoins. Prenons l'exemple de l'évolution démographique : sur 600 000 Wallons, 400 000 seront des personnes âgées à l'horizon 20203. Les besoins spécifiques liés au vieillissement tels que l'accès aux services, aux soins ou au lien social, doivent être pensés. Toutes ces composantes sont une occasion pour stimuler l'imagination pour la prise en compte de besoins qui peuvent s'inscrire dans une autre structure, à l'échelle de la ville diffuse.
La lecture de la ville diffuse est dure et complexe, et Lessines est loin d'échapper à ce constat. Sa structure multipolaire, isotrope, implique un manque de hiérarchie qui rend difficile une appréciation générale du territoire : il faut donc changer de regard en procédant à une analyse à très petite échelle. Ici, Lessines est appréhendée à travers son énergie moléculaire, par des processus « bottom-up » : c'est à dire des initiatives à l'échelon individuel et local, en s'inspirant du contexte précis, tout en gardant un esprit de réseau et une vision globale du territoire.
Contrairement aux à priori de base, la commune de Lessines et ses environs montrent une très grande vitalité associative et de nombreuses pratiques émergentes. Economie du partage, circuit court alimentaire, monnaie virtuelle, ressourcerie, sont quelques-uns des nombreux exemples de projets émanant d'organisation citoyenne. Ces microinitiatives, diversités de petites énergies, maillent le territoire et doivent être un support pour le développement d'une structure diffuse à l'échelle de Lessines.

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Lessines, un Territoire en mutation
Une forme de shrinking cities

Jean-Philippe David

Si le terme de « shrinking cities » désigne un phénomène de récession urbaine qui touche les villes sur trois plans : démographique (baisse de la population), économique (hausse du taux de chômage), et social (paupérisation)1, Lessines ne répond pas au trois critères. En effet, à l'échelle de la commune, Lessines connaît une croissance démographique, certes très faible (voir nulle certaines années), mais
entre 2009 et 2014 la population est passée de 18 085 à 18 405 habitants2 soit une croissance de 1,77 % . Pour comparaison, la commune de Ath connaît pour la même période une croissance de 4,31 %.
Mais cette définition peut être complétée par une approche morphologique.
En effet, Philipp Oswalt montrera dans ces recherches que dans de nombreux cas, « les villes supposées “ rétrécir ” ne perdent pas de superficie et appartiennent à des agglomérations urbaines qui au contraire s'étendent et s'étalent »3. Cet étalement, diffusion dans le territoire, est effectif à Lessines, puisque les villages satellites
tendent à se développer quand le centre de Lessines est peu à peu abandonné par les commerces et les habitants. Ce schéma de déclin urbain est significatif du développement de la ville diffuse au détriment des centres urbains denses. Si ce principe ne peut pas être généralisé à toute les villes (le centre d'Ath reste attractif) il est une tendance globale dont Lessines en est l'illustration.
Ainsi, alors que la commune de Lessines semble plutôt attractive - développement des villages et des Zones d'Activité Commerciales (Baxter, premier employeur)- la ville même est en déclin, perdant peu à peu ses habitants et ses commerces.
Dès lors comment intervenir dans ces villes en crise ? Doit-on tenter de lutter contre ce phénomène pour rétablir un système radioconcentrique et polarisé ?
Ou doit-on, à l'instar des propositions de Secchi et Vigano, prôner un développement isotropique de cette ville diffuse ? Les politiques locales ne rêvent que d'une chose : retrouver un centre-ville attractif. A coup de réfection de voieries, et d'aménagement
de nouveaux quartiers, les pouvoirs publics tentent de redorer l'image de leur cité
souvent au détriment d'une stratégie territoriale plus large. Sous couvert de slogan accrocheur et de stratégies ciblées concernant le centre-ville (« Schéma de développement commercial », « PCA Dendre-Sud », « Plan Qualité ») Lessines souhaite radicalement transformer l'image et l'usage du centre.
Cette démarche, nécessaire en certains points, semble pourtant déconnectée d'une réalité territoriale, celle de la ville diffuse. Pour retrouver une identité propre, Lessines ne peut se contenter de se tourner vers son centre-ville mais doit s'inscrire dans un réseau plus large et multiscalaire. Ainsi plutôt que de penser l'uniformité ou l'homogénéité d'un centre ville attractif ne pourrait-on pas penser
la singularité et la complémentarité d'une commune à partir de ses potentiels, de ses possibilités

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Zones d'Activité Économique et « ville diffuse » : un écosystème

Sophie Uran

Comment concevoir l'activité dans la Ville diffuse? Ceci est la question
à laquelle tente de répondre cette étude.
L'échantillon d'étude choisi, la zone d'activité de Ghislenghien,
présente une structure classique de zone d'activité telle que l'on peut
en observer dans les périphéries des agglomérations, ou en milieu
rural : un périmètre défini, regroupant en son coeur des entreprises,
branchées à des voies logistiques en boucles.
Pourtant, elle se trouve dans un contexte particulier : celui historique
d'une Belgique ancienne puissance industrielle, et celui territorial de
la Ville diffuse. La première informe le lecteur d'une puissance basé
sur des innovations (machine à vapeur, etc.), et l'utilisation d'une
énergie en plein essor (le charbon), mais également sur les raisons
de son déclin, son incapacité à innover de nouveau, et son enfermement
dans une industrie vieillissante. La seconde quand à elle
donne à voir un territoire dispersé, tant dans ses lieux de productions
(agricoles ou de matériaux) que ses organisations associatives, son
économie locale (réseaux d'économies d'échanges locaux, de circuits
courts de production).

La Zone d'activité de Ghislenghien et la Ville diffuse peuvent elles prendre part à un écosystème?

Certaines entreprises ont besoin de l'insularité et de la proximité avec l'autoroute. D'autres zones d'activités présentent des entreprises ne nécessitant pas d'être isolées ; la confrontation sur l'échantillon de Ghislenghien d'une zone d'activité et de la ville diffuse exacerbe les différences entre les typologies. L'observation montre une relative ignorance ou une confrontation entre les 2 formes de territoires. Pour cela, nous avons souhaité testé des hypothèses d'interactions. Nous avons organisé deux positionnements possibles pour les projets d'extension de la zone d'activité de Ghislenghien : conserver l'insularité et mettre en place des interactions sur les franges ; ou polliniser également le reste du territoire pour créer un écosystème industrie-habitat grâce à de micro-polarités. Notre projet propose finalement une imbrication des 2 stratégies, dans le temps. 
 

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