
TROUBLES TECHNIQUES #4
Sophie DARS
Sophie Dars (France, 1983) est architecte basée à Bruxelles. Depuis 2013 elle collabore aux côtés de Carlo Menon (Italie, 1981) autour d’une pratique située entre recherche théorique, édition, pédagogie et fabrication du projet. Ils sont notamment co-fondateurs de la revue Accattone et commissaires d’exposition. Depuis deux ans Accattone est en train de muter en maison d’édition indépendante. (Objects of Fascination (catalogue de l’exposition éponyme, Le Grand Dessein du Rationalisme en collaboration avec l’EPFL).
Elle enseigne à la Faculté d’architecture La Cambre-Horta Bruxelles depuis 2011, et depuis 2018 dans le département Civic Design à la Peter Behrens School of Arts à Düsseldorf. Après plusieurs années de pratique au sein du bureau d’architecture V+, elle prend part régulièrement à des projets construits en association avec des architectes et des artistes.
Julien CHOPPIN
Julien Choppin est né en 1977 à Dax. Il fait ses études d’architecture à Toulouse puis à Clermont-Ferrand et obtient son diplôme d’architecte DPLG en 2002 à Paris la Villette. Il cofonde à 24 ans le collectif d’architectes ENCORE HEUREUX avec Nicola Delon.
En 2006, ils sont lauréats des Nouveaux Albums des Jeunes Architectes par le Ministère de la Culture. Ils démarrent leur activité par des projets éphémères et artistiques ou des micro-architectures explorant les limites de leur discipline. En 2011 l’agence livre son premier bâtiment, une salle de concert flottante amarrée au cœur de Paris (Petit-Bain). Suivront plusieurs projets de maîtrise d’œuvre, dont un musée classé Musée de France (MUS à Suresnes), des centres d’innovation et de formation pour de grands groupes industriels français (Saint-Gobain à Aubervilliers, Hutchinson à Chalette-sur-Loing, Michelin à Clermont-Ferrand), des bâtiments culturels (cinémas, salles de concert) ou encore des lieux d’expérimentation (Grande Halle à Caen, Hôtel Pasteur à Rennes). Soucieux de développer une approche critique de leur métier, ils engagent des recherchent prospectives qui aboutiront à trois expositions et ouvrages associés: Matière Grise en 2014, au Pavillon de l’Arsenal à Paris, sur le réemploi des matériaux de construction, Lieux infinis en 2018, pour le pavillon français de la 16ème biennale de Venise sur les tiers-lieux, Énergies désespoirs en 2021, au Centquatre à Paris, sur l’anthropocène. En 2020, il met fin à son activité au sein d’Encore Heureux avec le projet Super-cayrou, une œuvre d’art-refuge en pierres sèches sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. En 2022, il démarre une activité d’enseignant à l’école d’architecture de Normandie en tant que professeur invité. Il y développe un atelier de master dans la forêt appelé Ecotopia Studio, à partir de la fiction écologique du roman d’Ersnt Callenbach ainsi qu’un cours magistral dédié à la représentation de l’architecture. Devenu maître de conférences en 2025, il y dirige le DPEA Rebond, une formation post-diplôme consacrée au réemploi des matériaux.
CYCLE DE CONFERENCES
proposé par Justine Rossillion et Simon Givelet
« Pour un marteau, tous les problèmes sont des clous.
Un monde quadrillé, transparent, régulé par la machine : dans ce dessin du projet Beaubourg (1971), la technique s’affiche comme promesse de maîtrise, d’universalité, de performance. Mais cet imaginaire, hérité de la modernité industrielle, se heurte aujourd’hui à ses propres limites. Face à l’épuisement des ressources, aux interdépendances du vivant et aux inégalités qu’elle reconduit, cette vision techniciste du projet a été remise en question.
Le cycle de conférences 2026 de l’ENSAPL cherche à interroger les tensions contemporaines qui traversent le rapport entre architecture et technique, et plus particulièrement ce que l’écologie vient percuter dans ce duo. La technique n’est ici ni un fond opérationnel neutre ni une finalité, mais un terrain de choix, de conflits et de récits — un lieu politique — qui engage des visions du monde et des manières d’agir.
À l’heure où les urgences climatiques, sociales et matérielles redessinent les contours mêmes du projet architectural, la technique ne peut pas être un automatisme ou un arrière-plan. Elle oriente nos manières de faire, les formes que nous produisons, les usages que nous rendons possibles. Elle conditionne autant qu’elle révèle.
Face à l’illusion des solutions vertes plaquées sur un système hérité, ce cycle explore les formes concrètes d’une écologie du détail : soin des assemblages, économie de chantier, maintenance, représentations, organisation du travail, cohabitations. Il s’agit de repérer, dans les pratiques réelles, les gestes qui déplacent, résistent ou recomposent.
À travers cinq tables rondes réunissant praticien·ne·s, chercheur·se·s, ingénieur·e·s et acteur·rice·s du bâti, il est proposé de cartographier les formes incarnées d’une architecture écologiquement pensée — ni style ni label, mais transformation des manières de concevoir, de construire et d’habiter. »
Retrouvez l’intégralité du cycle de conférences « troubles Techniques » >
Informations pratiques
– Jeudi 21 mai à 18h30
– Salle « Aquarium » – ENSAPL – 02 rue Verte, 59650 Villeneuve d’Ascq
– Entrée gratuite
– La conférence ne sera pas disponible en replay.