S1-P13 : CPEP

Semestre 1

PAYSAGE Sciences humaines et sociales

Responsables de semestre : Bertrand Le Boudec Sabine Ehrmann Manon Anne François Lefelle Nicolas Ziesel Amanda Dean Valérie Derycke Maude Caron Clémentine Henriot Richard Klein

AP131 : LECTURE DE PAYSAGE

Responsables : Bertrand Le Boudec
Bertrand Le Boudec
Objectifs
Lire un site est la base de tout projet, qu’il soit d’architecture ou de paysage.

Or le territoire, pour reprendre le mot d’Alvaro Siza, est une forme de “conversation” ce qui signifie que la politesse - sinon l’intelligence - élémentaires, veulent que l’on prenne la peine d’écouter ce qu’il s’y raconte, avant de prétendre y intervenir .

Lire un paysage ne va pas de soi. Comprendre ce qui identifie un paysage, ce qui le caractérise, ce qui le distingue de tous les autres suppose d’apprendre à voir comment sur un socle géographique donné se sont lentement stratifiées les cicatrices de l’histoire, le jeu des échanges, les manières d’habiter, les représentations sociales ou culturelles, autrement dit les dynamiques qui ont fabriqué ce paysage et les mutations auxquelles il continue d’être soumis .

Le paysage est par essence “non fini”. Il réunit une multitude d’acteurs sur des temporalités plus ou moins longues. L’objectif de ce cours est donc de parvenir à une “analyse partagée” du paysage pour permettre ce dialogue.
En ce sens, le cours propose de donner des clefs de lecture claires, simples, qui invitent à penser le paysage comme un ensemble de données qui procèdent par enchaînement : telle géographie explique tel type agriculture, qui lui-même explique tel réseau de transport, telle histoire ou telles manières d’habiter.

“Chaque pays, disait Napoléon, a l’histoire de sa géographie”. Au final ce cours propose de mettre en évidence les enjeux du paysage en montrant comment il constitue le lien - l’intelligence - entre une diversités disciplines
Sabine Ehrmann
Manon Anne
François Lefelle
Nicolas Ziesel
Contenu
Le TD se déploie sur le terrain de l’atelier, tout au long du semestre. Vous vous munirez d'un carnet à dessin (feuilles blanches) à couverture rigide que vous exploiterez dans les deux sens. Un sens sera dédié à vos notes et à vos relevés qui concernent directement l'atelier de projet, l'autre sens sera dédié au TD Ce lieu-là. Dans cette partie vous composerez petit à petit, au fil des pages, un portait du terrain de projet, comme vous le feriez d'une personne, en décrivant sa physionomie, sa vie, son histoire, son caractère, sa famille, etc...

Le travail commence donc par une collecte de données. Vous arpentez le site de projet, en cueillant des informations de toutes sortes. Ces informations prennent la forme de notes écrites, de dessins, de photos, de prélèvements d'objets, de fleurs, de matières et de matériaux, de citations, etc. que vous allez conserver dans votre carnet. Cet exercice de cueillette comporte nécessairement :

- Des mesures. Mesurer paraît au premier abord un acte rationnel simple si on se contente de mesurer les choses conventionnellement en mètre. Mais dès lors que l'on invente son système de mesure, mesurer peut devenir un acte d'arpentage original, capable d'exprimer toutes sortes de réalités différentes. Mesurer la distance entre une maison et un carrefour en mètre permet certes de les positionner sur une carte, mais mesurer cette distance en comparant le temps de parcours d'une personne âgée sur le sol et d'un oiseau en l'air, mesurer la longueur d'une rue en nombre de lancer de cailloux ou en se repérant au rythme d'un morceau de musique, permet de raconter davantage de choses que ne le fait une simple donnée chiffrée.

- Des comptages. Compter, comme mesurer, peut s'avérer très fastidieux. Compter le nombre de bancs, de lampadaires, de poubelles, le nombre de pas, le nombre d'enfants rencontrés en chemin, le nombre de fenêtres carrées, compter les crottes de lapin, les filles aux cheveux bleus, les nuages, est une activité idiote. C'est précisément cette idiotie qui est intéressante. Car pendant que l'on compte, non seulement on ne pense pas à autre chose, mais en plus on ne pense pas. En vérité, en comptant, on regarde et on regarde toutes sortes de choses qu'on n'aurait jamais regardées si on ne devait pas les compter. Compter peut alors s'avérer une activité très plaisante.

- Des repérages. Choisir des repères dans un lieu est une activité des plus importantes. Il s'agit en se repérant de considérer les éléments qui composent le lieu, non pas en eux-même mais les uns par rapport aux autres. Or c'est en situant ces éléments les uns par rapport aux autres que l'espace se crée. Choisir des repères ce n'est donc pas seulement se doter d'outils pour se diriger, c'est aussi proprement « espacer » le lieu, se donner les moyens de le percevoir et de le décrire en tant qu'espace.

- Des entretiens. Parler un peu d'un lieu avec les gens qui y vivent ne doit en principe pas faire de mal. Cela peut même s'avérer très instructif.

- Des mots que vous ne connaissez pas. Il s'avère que l'on regarde plus facilement ce que l'on sait dire. Or, pour l'instant, il y a bien des éléments de l'architecture et du paysage que vous ne savez pas nommer et, par conséquent, sur lesquels vous portez peu votre attention. Vous chercherez donc autant que possible à augmenter votre vocabulaire à propos de ce que vous observez (essence de plantes, éléments architecturaux par exemple). Des applications de reconnaissance des végétaux et des dictionnaires d'architecture vont vous aider dans ce travail.

Tous les deux mois, sur une double page du carnet ou sur une feuille plus grande que vous plierez et attacherez à votre carnet, vous tenterez de synthétiser l'ensemble des informations que vous avez recueillies (mesures, comptages, repérages) par une image unique. Cette représentation peut comporter des éléments figuratifs, symboliques ou abstraits. Ce peut être un dessin, un collage ou un photo-montage. L'image peut être accompagnée d'une légende, d'un cartouche, ou d'annotations aidant à sa compréhension. A la fin du semestre votre carnet doit comporter au moins trois de ces 'portraits de lieu'. L'un réalisé mi octobre, le second début décembre, le troisième début Janvier.
Sabine Ehrmann
Maude Caron
Contenu
Vous venez de formuler de manière embryonnaire une intention de projet et vousl' avez 'posé' quelque part sur le terrain de l'atelier. Il s'agit à présent d'ancrer cette proposition en tissant des liens entre elle et la réalité qui l'entoure. Vous aborderez cette approche situationniste du projet, en portant votre attention sur les relations de voisinage que votre projet suppose. Interroger le voisinage c’est appréhender le site en allant de proche en proche, et en prenant conscience qu’habiter quelque part est toujours une manière de cohabiter.

J1 Vous commencerez par regarder ce qui se passe autours de ce 'quelque part' et à dresser la liste des voisin.es, humain.es et non humain.es qui vivent déjà-là. Aménager et ménager les relations de voisinage, c’est en conséquence s’intéresser à la manière dont les « autres » habitent « chez nous », de manière à la fois physique (comme la petite souris qui passe par là) et immatérielle (comme la pollution des voitures, le bruit de l’école primaire ou l’odeur du lilas). Il s’agira aussi de considérer succinctement d’autres formes d’habitats que le nôtre. Vous vous intéresserez à cette occasion aux conditions de résidence de certains végétaux et de certains animaux.

J2 Vous qualifierez les liens que votre projet souhaite entretenir avec chacun.e de ces voisin.es. Voulez-vous qu'il accueille une chauve souris ? Qu'il préserve ce grand peuplier ? Voulez vous qu'il offre un banc où s'asseoir à cette dame âgée qui habite au 23 ? Voulez-vous que les jeunes du quartier puissent faire la fête joyeusement ? Souhaitez-vous préserver celles et ceux qui habiteront votre projet des bruits du bar ? Chaque réponse à chacune de ces questions va venir infléchir et modifier votre projet.

J3 Au terme de cette séquence intensive, vous tenterez de matérialiser les relations que vous souhaitez entretenir avec ces voisin.es (au moins quelques unes d'entre elles) par des aménagements conséquents dans votre projet d’architecture ou de paysage. Il s’agira aussi bien d’ajuster la hauteur de la fenêtre en fonction du voisin d’en face qu’en fonction de l’arbre à côté, de décider de déplacer de quelques mètres cette façade pour préserver l'habitat potentiel d'un écureuil, de créer un local de convivialité pour personnes âgées, de renforcer l'isolation acoustique pour se préserver du bruit du métro ou de poser des barrières de sécurité renforcée autours du local vélo. Cette séquence intensive est à ce propos l'occasion de clarifier une distinction entre le projet d’architecture et le projet de paysage, le premier pouvant entretenir des liens d’inclusion comme d’exclusion, le second – en proportion de sa qualité d’espace public (mission) et en tant qu’espace ouvert (condition) – ne pouvant être que le plus inclusif possible.
Richard Klein
Contenu
Il s’agit d’énoncer des catégories élémentaires, de fournir des outils d’analyse et d’expliquer les principes opératoires destinés à la compréhension des pratiques architecturales pendant la période concernée. Tout en permettant l’acquisition de connaissances, le cours constitue une initiation à la pratique de l’histoire de l’architecture. La chronologie y est donc utilisée avec précision, les édifices sont analysés dans le cadre d’un récit, les éléments du corpus de référence sont décrits dans leurs dimensions techniques, plastiques et culturelles, ils sont replacés dans le contexte des pratiques sociales, des cultures architecturales et de l’historiographie. L’ensemble du dispositif doit permettre aux étudiants de situer la dimension historique des formes architecturales, de comprendre l'émergence et la transformation des formes contemporaines, de saisir les différentes formules des architectures de la modernité. Les séances thématiques (dématérialisation, permanences culturelles, imitation, morale et structure, style et industrie, modèle et standard …) sont illustrées d’un corpus qui comprend des références fondamentales de l’histoire de l’architecture quelquefois déjà repérées par l'étudiant : du Crystal Palace de Paxton à l’Unité d’habitation de Marseille de Le Corbusier. Une fiche synthétique, des textes de références, des repères graphiques et bibliographiques sont distribués à chaque séance. Nature des travaux demandés : contrôle de connaissance écrit (question de synthèse).
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ENSAPL
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