S8-P83 : DEP

Semestre 8

PAYSAGE théorie et exploration

titre de l'exploratoire : Codesign / le partage de la démarche de projet Participation, concertation, co-conception etc... De quoi parle t'on vraiment ? Pourquoi ? et comment ? L'exploratoire aborde les problématiques attachées à une pratique 'partagée' du projet. Le codesign recoupe ici les projet dits 'participatifs' ou inclusifs, les processus de co-conception ou de co-production du projet. Il désigne tous les projets collectiifs qui renoncent à une distribution stricte des tâches et à une hiérarchie des expertises. L'exploratoire a pour but d'aborder les question suivantes : quelles formes collaborations dans le projet ? pourquoi faire projet avec d'autres ? Quelle plus-value pour ces démarches partagées ? quels outils sont mis en œuvre par les concepteurs pour faire projet avec d'autres ? comment inventer de nouvelles démarches de projet ?
Responsables de semestre : Valérie Helman Hélène Marcoz Nicolas Canova Sabine Ehrmann Dominique Henry Jean-Daniel Duthoit

A8324 : CM RENDRE SENSIBLE UNE VALEUR A TRAVERS LE PROJET ARCHITECTURAL ET PAYSAGER

Responsables : Valérie Helman
Valérie Helman
Contenu
Domaine d'étude : Conception

Mots clés : perception / expérience spatiale – dimension sensible, symbolique, sémantique, affective, esthétique de l’espace - valeur / éthique - incarnation / traduction - outil de conception

Présentation :
Et si l'un des rôles fondamental du projet architectural et paysager consistait à rendre sensible une valeur éthique ou existentielle. L’avènement d’une telle valeur dans l’esprit serait issue de la rencontre entre un programme (porteur d’idéaux) et un monde d'affects, de sensations physiques et d’associations d’idées résultant de l’expérience spatiale du projet en tant qu’environnement visuel, tactile, sonore… Telle est l’hypothèse proposée au sein de cet optionnel de Master qui va s'attacher à démontrer sa validité et l’illustrer.
L'objectif visé à travers la compréhension du fonctionnement du phénomène physique, psychique, émotionnel et esthétique qu'est l'expérience spatiale, est la mise en avant d'outils pour la conception du projet.
Cinq grandes familles de valeur ressortent de l’analyse d'un corpus de projets références sélectionnés :
- convivialité, festivité, vivant, appropriation, habité, animé, ludique, spectacle, légèreté, insouciance…
- naturalité, sauvage, cosmos, vivant, spontané, foisonnant, rustique, fertilité, Eden, Arcadie…
- soin, bienveillance, care, empathie, accompagnement, sollicitude, douceur, dignité, fragilité, protection, sécurisation, enveloppement, respect…
- calme, pause, bulle, introspection, silence, repos…
- savoir, étude, concentration...

Développement :
S’intéresser à la réalité sensible de la dimension éthique ou existentielle du projet architectural et paysager répond à différents constats :
- Notre époque succède au mouvement moderne et a suffisamment de recul pour en dénoncer sans en faire un procès global, certaines dérives comme l'austérité de certains environnements urbains créés à partir des années 1960 (Kroll L.).
- Les environnements urbains créés après la seconde guerre mondiale sont immenses au regard de ce qui avait été construit jusque-là, souvent créés d’un coup sans stratification historique, faisant la part belle au bitume et au tout automobile et parsemés de constructions sectorisées réalisées avec des matériaux standards, synthétiques et sans lien avec les ressources présentent dans leur territoire d’accueil (D. Mangin, N. Soulier, P. Frey, J. Gehl, A. Magnaghi, A. Chemetoff…).
- Notre époque est également caractérisée par des objectifs quantitatifs et la mise en avant de solutions vertueuses clés en main liés à la lutte contre le dérèglement et le réchauffement climatique, l'épuisement de ressources non renouvelables et la chute de la biodiversité, approches scientifiques, rationnelles, techniques qui ne font pas toujours de place aux approches sensibles. Or ces dernières sont complémentaires et essentielles que ce soit au sein des études en architecture et paysage mais aussi en vue de répondre aux enjeux sociétaux et environnementaux contemporains (Tassin J.).

De la problématique posée - quels sont les outils permettant de rendre sensible une valeur à travers le projet architectural et paysager - découle différents questionnements qui structurent le cours :
1. Qu’est-ce qu’une valeur ? Pourquoi s’intéresser à l’expression de la dimension morale, éthique, existentielle du projet architectural ou paysager ? Valeur effective versus valeur sensible : parle-t-on de décor, de superflu quand on parle de valeur sensible ?
2. Les conditions d’avènement de la valeur dépendent-elles uniquement du projet architectural ou paysager ? Qu’en est-il de l’impact du commanditaire, le maître d’ouvrage, des futurs gestionnaires et des idéaux contenus dans le programme à l’origine du projet ?
3. Rendre sensible une valeur est-ce un objectif conscient pour les architectes et les paysagistes au moment de concevoir leur projet ? Y a-t-il recoupement entre les valeurs ressenties par des visiteurs professionnels de l'espace et les intentions des concepteurs ? Quels outils ces derniers utilisent-ils pour rendre sensible une valeur (interprétation, traduction du programme, univers visuel ou théorique référentiel, connaissances sur les effets des dispositifs spatiaux c’est-à-dire sur la perception de l’espace…) ?
4. Enfin les usagers sont-ils sensibles à cette dimension symbolique de l'espace ? Les objectifs des concepteurs et les ressentis des usagers profanes se recoupent-ils ?

Déroulé pédagogique prévisionnel (à confirmer avec les étudiants et leur emploi du temps) :
Il est prévu que le cours soit constitué de neuf séances d'apports théoriques dont deux avec un intervenant extérieur et de deux séances de présentation des recherches étudiantes (à mi-chemin et à la fin du semestre).
Le cours sera dispensé en présentiel à l’école le lundi de 18h à 19h40.
La présentation intermédiaire aura lieu le mardi 11 avril de 16h à 19h40 (possibilité d’arriver à 18h en cas de choix du cours de Xavier Bucchianeri).
Un cours de rattrapage aura lieu le mardi 9 mai de 18h à 19h40 (en raison du grand nombre de lundis fériés cette année).
La présentation finale des recherches étudiantes aura lieu le mardi 6 juin à partir de 14h.
Travaux requis
Recherche théorique et pratique (option) autour d’une valeur et de son expression à travers le projet architectural et paysager.
Recherche à mener individuellement ou en groupe selon le nombre d’étudiants inscrits dans le cours, à présenter à l'oral en fin de semestre et à rendre sous la forme d'un fichier .pdf.

Etapes de travail et composition du dossier final (les étapes ne sont pas forcément à suivre de manière linéaire, il peut y avoir des aller-retour entre elles) :
1. Choix d'une valeur qui vous tient à cœur (valeur rencontrée à l’occasion de projets ou de recherches durant vos précédentes années d’étude ; valeur ressentie pendant des visites architecturales, urbaines, paysagères ; valeur qui vous est chère pour des raisons personnelles) / Choix d’une valeur pertinente au regard du projet que vous allez réaliser en parallèle en atelier (option recherche pratique)
2. Approfondissement, déploiement de la signification de la valeur étudiée et analyse de textes références en lien avec cette valeur
3. Analyse de projets ou souvenirs d’expériences spatiales rendant sensibles la valeur étudiée afin de mettre en avant les dispositifs spatiaux, processus de projet, méthodes, outils… opératoires.
4. Bilan critique : apports et limites de la recherche réalisée, des outils convoqués et du cours proposé. Impact du cours sur des perspectives futures en matière de conception du projet architectural et paysager.

Les années précédentes le choix de la valeur était libre : je souhaiterais cette année après discussion avec les étudiants inscrits, proposer que l’ensemble du groupe travaille sur la famille des valeurs liées à la naturalité (en raison des enjeux liés au dérèglement climatique). Cela permettrait d'aborder des notions comme : naturel, artificiel, sauvage, bucolique, Eden, Arcadie, rustique, cosmique, géographique, atmosphérique, vivant, spontané, foisonnant, simplicité, terrestre, légèreté, insouciance, respect, cohabitation, éléments, énergie, ailleurs, calme, apaisement...
Emmanuel Morales
Hélène Marcoz
Nicolas Canova
Contenu
Définition (DATAR) : le diagnostic de territoire constitue un « état des lieux qui recense, sur un territoire déterminé, les problèmes, les forces, les faiblesses, les attentes des personnes, les enjeux économiques, environnementaux, sociaux (…) il fournit des explications sur l'évolution passée et des appréciations sur l'évolution future ».
Il n’existe pas à proprement parler une méthode de diagnostic territorial. Ce dernier n’étant pas une fin en soi, mais une étape dans une démarche, la méthode utilisée doit prendre en compte la diversité des territoires et des acteurs qui le composent. Le diagnostic territorial est avant tout un outil d’aide à la décision. Il se caractérise par le recueil de données quantitatives et objectives, mais aussi de données qualitatives et « sensibles » qui ont pour but de faire apparaître les caractéristiques, les atouts, les faiblesses et les potentialités d’un territoire donné. Le diagnostic territorial est à la fois un outil de légitimation d’une démarche globale de territoire, un outil de connaissance de son fonctionnement et un outil de médiation et de dialogue entre ses divers acteurs.
La plupart des méthodes de diagnostic reposent sur deux piliers : le diagnostic technique et le diagnostic partagé. Le premier, dit « technique », est basé sur un travail de recueil de données objectives et de leurs analyses (statistiques, approches cartographiques…). Il repose sur les principes de la monographie induite par une démarche idiographique. Le second, plus sensible, dit aussi « diagnostic partagé », permet une approche nuancée du territoire. Il suppose la confrontation de visions différentes pour évaluer les enjeux locaux. On mesure l’intérêt de réaliser le diagnostic technique au préalable, car il va en quelque sorte fournir la matière première des échanges entre les acteurs au cours de la seconde phase.
Sabine Ehrmann
Contenu
Les travaux dirigés poursuivent essentiellement deux visées, l’une orientée vers l’usage des images pour les séminaires de recherche, l’autre pour les ateliers de projet. La première orientation pratique peut concerner la création, la manipulation et le raisonnement de corpus iconographiques massifs (recherches quantitatives, data num) ou la mise au point et le développement de méthodes d’enquête visuelles et d’analyse des images dans le cadre du travail d’initiation à la recherche.

La seconde orientation pratique relève plutôt d’un travail en design communicationnel (la prospection de modes de transcription graphique de l’information) dans le cadre du travail de projet. L’étudiant.e serait alors engagé.e dans une production graphique ou visuelle exploratoire ayant pour principal enjeu de distinguer la représentation du projet de paysage de celle du projet d’architecture sur deux critères principaux : l’articulation du projet avec le paysage préexistant et le caractère polymorphe des aménagements vivants. Les outils de ce travail exploratoire sont au choix de l’étudiant.e : dessin, maquette, vidéo, dispositifs d’animation, photographie, DAO ou modélisation 3D.

La partie magistrale de l’exploratoire est quant à elle essentiellement consacrée à l’exposé des principaux systèmes d’étude et d’analyse d’image : le travail et l’analyse iconographique, les analyses iconologiques et sémiologiques de l’image fixe et animée, les méthodes issues de l’anthropologie visuelles. Outre la présentation de ces différentes méthodes et de leurs outils, la partie magistrale invite à la lecture de quatre auteurs qui présentent trois grands courants de l’iconologie : F. Kittler et V. Flusser pour l’approche médiologique, A. Warburg pour l’iconographie comparée et l’approche anthropologique, W.J.T Mitchell pour les études de culture visuelle.
Contenu
Chaque séance se compose d’un apport théorique, très largement illustré d’exemples concrets, laissant une large place au débat.

Séance 1 :
L’approche des outils à travers quelques exemples régionaux :
- le plan de paysage des carrières du Boulonnais,
- l’opération Grand Site du cap Gris-Nez,
- la protection de la haie d’Avesnes,
- la superposition des protections à Montreuil-sur-Mer,
- la trame Verte et Bleue du bois d’Aval de Vieux-Berquin,
- la protection du bocage de l’Avesnois …

Séance 2 :
Les outils spécifiques des PLU à travers des exemples :
- les zones naturelles de Montreuil-sur-Mer,
- les espaces boisés classés de Laon,
- les orientations d’aménagement et de programmation de Nabringhen,
- le règlement de Boëseghem,
- les protections au titre du L151-19 et du L151-22 de Le Doulieu,
- la zone agricole protégée de Vieux-Berquin,
- les emplacements réservés de Villers-au-Tertre,
- la loi Barnier de Le Cateau,
- un petit exercice pratique sur Audembert …

Séance 3 :
Les outils spécifiques des SCoT, à travers des exemples :
- les champs urbains du SCoT de Rennes,
- les coupures d’urbanisation du SCoT du Douaisis,
- le PADD du SCoT du Cambrésis …

Séance 4 :
Les autres grands outils nationaux :
- l’atlas des paysages du Nord - Pas de Calais,
- la démarche Palme de Landacres,
- l’AVAP de Montreuil-sur-Mer …
- la transmission des fiches synthétiques, reprenant chaque outil …

Séance 5 :
La visite de deux sites :
- le plan de paysage des carrières du Boulonnais,
- le grand site du cap Gris Nez,
- la démarche PALME de la zone d’activités de Landacres,
- la réserve naturelle régionale du marais de Condette,
- l’AVAP de Montreuil-sur-Mer …
Dominique Henry
Jean-Daniel Duthoit
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ENSAPL
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