Journal de l’atelier public de paysage n°1

27 Mai 2009 | Actualités, Journaux de l'atelier public de paysage, Publications

Ce site d’environ 80 hectares, au coeur de la métro­pole lilloise est en préparation et en attente d’amé­nagement depuis une décennie. La mise en oeuvre du projet d’aménagement va maintenant se réaliser sur 10 à 15 ans, par morceaux, laissant des friches de plus en plus restreintes. 

Il s’agit donc d’un site en transformation, à ce jour seulement édicté par les chantiers d’aménagement et de constructions. 

La SEM Ville Renouvelée, maître d’ouvrage de cette opération, a souhaité associer à ce projet urbain une démarche participative et culturelle. Elle doit permettre de maintenir un dialogue avec les habi­tants riverains et ceux de la métropole toute entière. Dans ce cadre, la SEM a souhaité engager un parte­nariat avec l’école dans la durée, sur des thémati­ques diverses. Après une concertation sur les atten­tes de chacun, école et SEM, cet atelier fut engagé sur la nécessité de « penser » et d’imaginer un paysage inter­médiaire pendant les quinze ans qui doivent permettre la réalisation complète du projet urbain.

La ville n’attend pas 

L’Union est un site en déshérence, vide de son passé industriel. 80 hectares béants au coeur de la ville, sans vie ni usage. Depuis 10 ans, les collectivités réfléchissent à l’avenir de ce territoire. Les aménagements du projet urbain conçu par l’agence Reichen et Robert vont être réalisés durant les 15 prochaines années. 

 Comment alors s’extraire de l’attente passive d’une image à venir ? Comment faire de l’état transitoire l’opportu­nité d’inventer un paysage singulier, intermédiaire? Un paysage qui accompagne un mouvement, celui de la ville en train de se faire? 

 L’atelier public de paysage (DEP1) a permis d’écrire quelques lignes de ce chapitre manquant. 

S’autoriser à proposer pour comprendre 

L’hypothétique légèreté du provisoire autorise une grande liberté de propositions. On s’est permis de travailler l’éphémère, l’animation festive, l’esthétique plastique… Autant de façons d’apprivoiser le site, d’en faire une lecture active et projectuelle. Des formats A3 servent de support pour faciliter l’échange de points de vue et d’en­vies. Champs de fleurs rouges, ronds de jachère, îlots de saules, cinéma en plein-air, pépinière mobile… Toutes ces propositions ont été des leviers d’imaginaire, des soutiens au questionnement. 

Comment du dialogue naît la complexité 

Cet atelier n’implique plus seulement un aller-retour site/projet mais installe des dialogues multiples : avec les composantes du site, la SEM, ses attentes, le projet à venir. Des groupes de trois étudiants se forment. On apprend la négociation qui fait émerger la complexité. On retrouve, face à la singularité de la question, nos outils de paysagis­tes : le sol, la végétation, le travail de la limite, des pleins et des vides, des axes. La page blanche s’anime de lieux et d’ambiances. Certains concentrent, d’autres diffusent, tous, nous essayons de recomposer l’espace pour le donner à lire. La situation est parfois inconfortable : comment gérer les points de tension avec le projet de Reichen et Robert, comment intégrer l’aléatoire ? Nos projets s’efforcent alors de tirer parti des contraintes d’un site en mouvement et de proposer des dispositifs d’évolution progressive, suffisamment souples pour encaisser les incertitudes de l’avenir. Ils se veulent à la fois «légers» (coûts, technicité, mise en oeuvre…) et «essentiels».

 

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