LE LABORATOIRE DE RECHERCHE LACTH

Le LACTH a été créé en 2005 à l’ENSAPL par le regroupement des membres de ses deux équipes de recherche – AVH (Architecture, Ville, Histoire) et CEC (Conception et Enseignement de la Conception), constituées en 1994 – auxquelles se sont adjoints ensuite des chercheurs de la formation Paysage (en 2007-2008). Ainsi constitué, le laboratoire a une vocation pluridisciplinaire. 

Les travaux et projets, collaborations et programmes de recherche du LACTH, développés au sein de quatre « domaines » spécifiques (Conception, Histoire, Territoire et Matérialité), sont fédérés par un questionnement commun sur la complexité des objets, des formes et des discours constitutifs de l’architecture, de la ville et des paysages contemporains. La mise en synergie de ces activités diversifiées a comme finalité la formation par la recherche, ouvrant à des formations doctorales (notamment au Doctorat en Architecture) ainsi qu’à des Habilitations de Recherche (HDR).

 

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Numéro au répertoire national des structures de recherche (RNSR) : 200520622Y

4 domaines de recherche

Découvrez les 4 domaines de recherche du LACTH :

Conception

Dans le précédent programme scientifique du Lacth, les chercheurs du domaine conception s’étaient engagés dans une exploration de la notion de contemporanéité en interrogeant plus particulièrement le couple conceptuel « contemporanéité / temporalités ».

En nous écartant d’une définition catégorielle (épochale notamment), nous nous étions attachés à en sonder la complexité et le retentissement dans la création (au sens large) afin d’en interroger la pertinence au regard des problématiques qu’elle permet d’ouvrir et de construire en architecture. Dans cette perspective, nos travaux ont visé à articuler les dimensions épistémologiques et/ou analytiques sur des objets concrets, des œuvres, des textes, des pratiques (créatives, discursives et/ou théoriques) ou encore des process (1). Afin d’affiner la conceptualisation du couple contemporanéité / temporalités différents champs disciplinaires ont été croisés et confrontés (de la philosophie à la musique, en passant par l’art vidéo et le cinéma), en particulier dans le cadre de collaboration scientifiques avec les chercheurs du CEAC (Centre d’étude des arts contemporains, université de Lille 3) et d’échanges au sein du réseau Polygonale (regroupant des enseignants-chercheurs de plusieurs écoles d’architecture).

Ce cadre d’exploration élargi nous a permis de mettre en relief la complexité qui s’attache à la notion de contemporanéité, notamment au travers des différents régimes de temporalités mobilisés par les processus de création. La conception, qu’elle soit artistique, architecturale ou paysagère ne repose pas sur une succession de temps homogènes et cumulables mais résulte au contraire d’un travail d’agrégation hétérogène de temporalités multiples où, présent, passé et futur sont fréquemment entremêlés, imbriqués. Ce point de vue nous a conduit à rencontrer les travaux de Georges Didi-Hubermann pour interroger la contemporanéité comme un « montage de temps hétérogènes » (Devant le temps, Minuit, 2000).

Avec l’arrivée de nouveaux chercheurs (en esthétique et paysage) le domaine conception s’est reconfiguré autour de plusieurs thématiques qui constituent aujourd’hui un nouveau prisme de questionnement pour appréhender la création contemporaine (qu’elle relève de l’art, de l’architecture ou du paysage). La notion de contemporanéité est dans ce cadre renouvelé une notion centrale ; elle demeure pour le Lacth un axe d’investigation prépondérant et fédérateur.

Trois thématiques peuvent être déclinées :

 

1- Expérience et milieu

Cette approche concerne l’expérience en relation avec la notion de milieu. Elle concerne l’art, le paysage, l’architecture et l’espace public en ayant deux entrées principales, d’une part, les notions de milieu et d’« ambiance » comme qualité du moment à la fois atmosphérique, historique et politique et, d’autre part, l’esthétique et la phénoménologie se nourrissant d’une réflexion sur la corporéité et la spatialité, soit comment un certain sujet s’éprouve dans, et avec, le milieu dont il fait partie. L’objet de la recherche relève en ce sens de ce qu’une expérience éclaire et permet, en tant que relation aux autres et au monde, en tant que modalité d’action et de manière d’être. Il s’agit de comprendre ce qui sous-tend notre expérience du monde à l’heure où s’estompe la primauté du visible. Dans le champ de l’architecture et du paysage, sont interrogées les expériences du climatique dans leur relation aux formations sociales. Sont questionnées les positions qui ont cours en philosophie et en sciences humaines sur la distinction opérée entre les notions de lieu, milieu, atmosphère, ambiance ainsi que la variabilité des valeurs auxquelles elles sont attachées. Si l’instance matérielle de l’air alimente les recherches kinesthésiques contemporaines, cela intéresse l’émergence actuelle du domaine des ambiances, y compris dans son instabilité définitionnelle (cadre formel de simulation, expression sensorielle et sensible, creuset des socialisations).

La relation à l’esthétique et à la phénoménologie interroge également les modalités de compréhension et de transmission de la spatialité pour la conception des espaces, c’est-à-dire de la compréhension d’abord intime de ce qui n’est pas de l’ordre de la connaissance à savoir le sentir et de sa mise en langage pour autrui. Il s’agit, entre autres, d’interroger la qualité opératoire de la phénoménologie ; en articulant cette approche fondamentale aux travaux en psychomotricité et en analyse du mouvement à partir de l’expérience vivante d’un lieu et d’un milieu. La recherche est ainsi conçue comme un engagement, une capacité d’action de la réflexion en tant que désir de ne pas perdre le lien avec le monde et les autres. Dès lors, la mise en langage et l’écriture peuvent être conçues comme des moments et/ou des expériences.

 

2- Discours et représentation

La place du discours et plus particulièrement de l’écriture dans le travail du concepteur constitue un axe de réflexion important du domaine conception. Il hérite en partie des travaux de l’une des deux équipes de recherche (CEC) qui a précédé, avec l’équipe AVH (Architecture, ville, histoire), la création du LACTH.

Initialement centré sur le rôle du langage dans la conception architecturale (et plus particulièrement les pratiques contemporaines de conception), cet axe de réflexion s’est progressivement étoffé en s’élargissant à des questions qui gravitent autour de la production et de la réception architecturale, urbaine et paysagère (questions critiques, idéologiques, doctrinales et cognitives notamment).

Cette ligne de questionnement s’adjoint dans le présent projet à l’examen des formes de couplages et d’interrelation entre discours et représentations (graphiques et photographiques notamment). En s’intéressant aux techniques, appareils et dispositifs de médiation et de médiatisation de l’architecture et du paysage, il s’agit de porter une attention particulière à ce qui relève des modes, des fictions et mythes contemporains qui le concernent ; sont notamment explorés les liens qui fondent le paysage dans la perclusion de l’image et du discours ; l’image n’étant pas réservée au domaine du visuel non plus que le discours à celui du langagier.

 

3- Langages et connaissance

L’insistance de nos travaux sur le langage et l’écriture nous a conduits à porter l’accent sur la manière dont les connaissances sont construites par les chercheurs. Il s’agit, en développant un questionnement d’ordre épistémologique d’interroger les différents registres de production de connaissances dans les domaines de l’architecture et du paysage. Cette perspective invite à adopter une posture réflexive vis-à-vis des langages, des concepts, des objets, des outils et des méthodes mobilisés par les chercheurs dans nos domaines. La relation à l’écriture est consubstantielle de l’activité de recherche, elle s’engage sur différents registres : notation, description, récit, conceptualisation, modélisation ; elle vise, au sens large du terme, la compréhension, le « mieux connaître » et sert la construction et la transmission des savoirs ; elle permet également à l’activité d’interprétation (au sens herméneutique) de se développer moyennant des processus de contrôle et de validation, en appui sur des critères de scientificité. L’écriture et le langage de la recherche ne sont cependant pas de simples médiums transparents à eux-mêmes ; ils reposent sur des choix terminologiques, des valeurs et des présupposés qui nécessitent d’être interrogés.

Par ailleurs, le chercheur dans les domaines de l’architecture et du paysage recourt à des formes non verbales pour développer ses travaux : diagramme, croquis, cartographie, photographie qui nourrissent, documentent, en tant que supports de représentation et outils d’analyse le travail d’explicitation et d’interprétation qui est au cœur de l’activité de recherche. L’architecture et le paysage, où se nouent fréquemment les instances du langage et de l’image, sont particulièrement propices au développement d’une réflexion collective sur l’interrelation de l’écrit et du visuel ; cette perspective s’inscrit à la croisée des quatre domaines constitutifs du laboratoire.

 

 

(1) Cf. Cahiers thématiques n°7, « Contemporanéité et temporalités », ENSAPL-LACTH/J-M Place, 2007 et Cahiers thématiques n°10, « Architecture et paysage, situations contemporaines. Dix ans de recherche », ENSAPL-LACTH/Éditions de la MSHS, 2010 (chapitre II. « Poïétique, contemporanéité et temporalités », p.87-172)

Territoire

Vers une épistémologie de la fabrique des territoires: techniques, esthétiques et gouvernances en débat

 

1. Positionnement théorique
Dans le cadre de notre programme de travail pour le précédent pluriannuel « Complexité des modèles de compréhension de la ville contemporaine, statut et rôle de l’architecture à l’échelle territoriale », nous avons répondu à l’appel à projet de recherche du BRAUP sur le thème de l’Architecture de la Grande Echelle. Notre recherche « Inventer les futurs de la métropole lilloise : échelles, modèles et scénarios. Une métropole transfrontalière en projet(s) », interrogeait le regard, et les méthodes de l’architecte et du paysagiste, ainsi que les contenus de l’architecture et du paysage à l’échelle du territoire, en associant l’enseignement du projet et la recherche. Nous pouvons aujourd’hui souligner la fécondité de cette association.
En effet, ce jalon pour nous essentiel permet aujourd’hui de poser la « Fabrique des territoires » comme objet de recherche en architecture et en paysage. Il s’agit d’interroger non seulement les phénomènes à l’échelle territoriale, mais aussi les projets et les discours ainsi que leurs interrelations.
 
La première question est celle des modèles de pensée, tels que : histoire de l’urbanisme, normes géographiques, représentations, etc.
Elle concerne en premier lieu Urbanisme et urbanisation : L’histoire de l’urbanisme (la pensée sur la ville) ne recouvre pas toute l’histoire de l’urbanisation (les formes spatiales du et dans le territoire). Comment d’autres outils, et d’autres sources que les archives de l’urbanisme, peuvent-ils mettre à jour des processus d’urbanisation autres que ceux centrés sur les villes ?
Le second couple de notions qui mérite d’être interrogé est la relation entre Quantitatif et qualitatif : Les définitions géographiques corroborent des modèles convenus du territoire . Quelles mesures, images et notions développe-t-on pour appréhender les formes d’urbanisation en dehors – ou en amont – de ces modèles ? Comment travailler avec la grande quantité de données, d’informations – et leur non-hiérarchisation – contemporaine pour qualifier les situations urbaines ?
Le troisième couple de notions concerne Les mots et les choses : Les mots – ou notions – qu’on utilise pour nommer les formes d’urbanisation sont les premières représentations qu’on en formule. Mais des mots génériques sont utilisés pour recouvrir des réalités spécifiques différentes. Quelles représentations complémentaires faut-il construire pour : – mettre en évidence les écarts entre les mots et les territoires décrits ? – analyser les enjeux sous-jacents aux discours utilisant ces notions ?
ce questionnement s’appuie sur des outils méthodologiques assez spécifiques à l’architecte tels que l’analyse des représentations, la production de cartographie inédite, et la comparaison par la mise en série de situations.
Plus globalement, ces objets interrogent les postures et les outils développés dès lors que l’on n’est plus immergé dans un modèle, dans un « grand récit » – ou quand on est à cheval sur plusieurs paradigmes – ou encore, quand on doit construire soi-même ses modes de validation.
Il s’agit aujourd’hui de mettre en jeu ce questionnement à partir de processus de projet urbain : l’urbanisme de subsidiarité, l’urbanisme descriptif, l’urbanisme « bottom up », l’urbanisme de scénarios, globalement toute démarche qui projette non seulement dans les conditions contemporaines d’incertitude, de complexité et d’absence de modèle, mais qui fait le projet avec.
 
La seconde question concerne les conditions de la recherche en architecture et en paysage en ce qui concerne les territoires.
Elle interroge d’une part le rôle de l’histoire dans l’approche des territoires par le chercheur en architecture et en paysage.
En effet, la recherche en architecture et en paysage aborde fréquemment des situations spatiales contemporaines recouvrant une diversité d’échelles, en ayant recours à l’histoire pour en comprendre la complexité. Cette question intéresse particulièrement le LACTH dans la mesure où le recours à l’histoire est une des spécificités du LACTH au-delà des domaines de recherche.
Elle interroge également le rôle de la culture du projet dans la compréhension des territoires. On peut penser que le mode de pensée des chercheurs en architecture et en paysage est structuré par le projet : On pourrait résumer cette posture spécifique par une série d’actions propres: conjuguer la pensée et le faire ; travailler avec les contraintes pour être créatif ; accumuler des matériaux pour imaginer une solution synthétique par « intuition ».
En effet, contrairement aux géographes, les chercheurs en architecture et en paysage ne commencent pas par découper les questions, mais formulent au contraire des hypothèses en rassemblant le maximum de données sur la question, puis en structurant les idées. La synthèse des données ne résulte en général pas d’un raisonnement analytique.
Par ailleurs, l’usage de la description sensible convoquée par le projet interroge la place de la sensibilité (et de la subjectivité) dans la recherche menée au sein des écoles d’architecture et de paysage.
Enfin, la prise en compte de l’humain se fait à travers les usagers en tant que moteur de la conception spatiale, indicateur de qualité.
On peut ajouter aux spécificités liées à la culture du projet :
– Une attention à ce qui est « déjà là », en germe et qui doit advenir.
– La prise en compte dans les études urbaines des limites du site, de l’articulation des échelles spatiales.
– L’utilisation fréquente du détour, de l’écart, des chemins de traverse.
Elle interroge enfin le rôle de la typologie et du raisonnement par type. Le recours à la notion de type urbain par le chercheur ne risque t’il pas constamment une simplification des données du territoire ? Par exemple, on peut penser qu’analyser les relations entre ville et université à travers le type urbain du campus, en masquant la complexité et surtout la richesse du tissu universitaire ne permet pas de comprendre l’épaisseur des fonctionnalités urbaines liées à l’enseignement supérieur.
 
2. Projet de recherche
Pour explorer ces questions théoriques, nous envisageons la constitution progressive d’un atlas de l’Eurométropole Lille Kortrijk Tournai.
Dans une certaine mesure, cet atlas est déjà entamé par les travaux de l’ADUL et par nos propres travaux.
Nous voulons, en continuité de ce que nous avons réalisé pour le précédent pluriannuel compléter ces travaux par un regard original, qui témoigne des contenus de l’ENSAPL en abordant conjointement l’architecture et le paysage à l’échelle métropolitaine.
Ce regard trouve ses sources dans les recherches que nous avons menées :
L’architecture de la grande échelle, où nous avons ébauché une méthodologie d’approche du territoire métropolitain qui permette d’envisager le projet d’architecture et de paysage à la grande échelle.
POPSU, où nous avons tenté d’éclairer les termes de stratégie et de projet urbain en dressant une histoire contemporaine de l’urbanisme, entre autre à travers le cas de Roubaix.
« En marge »… Paysage et biodiversité des délaissés et accotements infrastructurels de l’eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai » pour le PIRVE
Bilan et mise en perspective des PRU en Région Nord/Pas de Calais, pour l’ARH.
ainsi que dans les enseignements de séminaire de recherche « Territoire » et les enseignements de projet de master du domaine d’étude « Territoires en mutation et situations métropolitaines ».
 
D’un point de vue méthodologique, trois systèmes sont en jeu :
– La cartographie.
– L’architecture et le paysage
– Les discours.
 
Au-delà de ce qui est représentable, en fonction des échelles, la cartographie pose la question de ce qui est observable. Il s’agit là d’une question de positionnement.Par exemple, la tentative de mise en place du PRES de Lille a montré que la carte universitaire de la métropole varie en fonction de ce que l’on entend par enseignement supérieur : universités, grandes écoles, IUT, BTS, etc… Si le PRES reprend l’ensemble de l’enseignement supérieur de la métropole (et à fortiori de la Région), la carte est une nébuleuse qui se superpose à tout le territoire métropolitain.
A travers les fonctionnalités envisagées et les caractéristiques de la construction, mais aussi au-delà, l’architecture et le paysage posent la question des valeurs esthétiques en jeu dans un domaine défini. Par exemple, dans le cas de l’enseignement supérieur déjà évoqué, y a t’il des codes implicites ou explicites qui régissent l’architecture et le paysage? Même s’ils semblent caricaturaux, les éléments présentés par Lille pour le plan Campus peuvent être interrogés de ce point de vue (valeur du signe, topologie : catégories présentes dans l’art contemporain, qui pourrait fournir les éléments d’analyse de ces valeurs).
Enfin, les discours peuvent être envisagés sur le plan de l’émission et de la réception.
Lorsqu’il y a projet, les discours qui lui servent de véhicules (discours de l’architecte, du paysagiste, du commanditaire) sont-ils comparables à ceux de la réception (dont on peut considérer que la presse, aux différentes échelles : locale, nationale, internationale est un bon indicateur).
La méthode que nous proposons partirait à chaque fois d’un élément pris comme indice (par exemple : l’enseignement supérieur, ou le logement, ou les délaissés, etc..), pour construire la confrontation entre les trois systèmes. Ce n’est qu’ensuite, collectivement que se confronteraient les contenus singuliers dans des étapes de synthèse.
La mise en action simultanée de la cartographie, de la critique architecturale et paysagère et de l’analyse des discours serait envisagée en relation avec l’exploration continue des questions théoriques que nous avons posées.
L’atlas proposé articulerait les données concrètes mises en dynamique par la prise en compte des trois systèmes et les explorations théoriques de la recherche.
En même temps qu’une meilleure compréhension du territoire, cette recherche contribuera à une meilleure connaissance de la recherche architecturale et paysagère à l’échelle territoriale.

Histoire

Histoire de l’architecture : de la trace du projet au fond du récit
En mettant l’accent sur les méthodes contemporaines de recherche en histoire de l’architecture, le précédent projet scientifique insistait sur trois points qui ont conditionné et caractérisé une grande partie des travaux réalisés au sein du domaine histoire du Lacth :
– une chronologie étendue de l’œuvre ou des œuvres étudiées permettant de comprendre les temps de la conception, de la réalisation, de la diffusion des images, les temps des différents usages, celui des transformations et (ou) des nouveaux usages, celui de la reconnaissance historique du temps présent,
– la réception de l’architecture (nourrie des théories de Hans Robert Jauss) pour mieux appréhender les relations intersubjectives établies entre l’œuvre et le public,
– l’écriture de l’histoire comme le moyen de transmettre les résultats de l’enquête menée par le chercheur par une mise en récit capable d’exposer une chronologie rigoureuse conduisant à une série d’interprétations nuancées.
 
Le nouveau programme de recherche du domaine histoire souhaite réaffirmer ces orientations méthodologiques en mettant l’accent sur trois thématiques déjà bien ancrées dans les pratiques des chercheurs du laboratoire et qui témoignent d’une culture partagée :
– Longtemps stimulée par les travaux du séminaire de recherche « archéologie du projet », la pratique de l’histoire de l’architecture au sein du Lacth est encore très largement motivée par l’attention extrême portée à l’objet construit. De l’objet au sujet, il s’agit de sonder l’architecture dans toute sa diversité pour mieux en cerner une richesse et une originalité sur lesquelles s’appuieront de nouvelles problématiques de recherche. À un moment où ne cessent de se répéter de violentes attaques contre un patrimoine contemporain mal-aimé, cette approche archéologique mérite plus que jamais d’être remise à l’ordre du jour afin d’exalter les qualités parfois trop vite oubliées de réalisations méconnues.
– Au-delà des phénomènes de réception, la représentation de l’architecture raconte les rapports complexes qu’entretien cet art avec la société. Ponctuelles ou diachroniques, commandées par des campagnes de communication ou des logiques de diffusion finement orchestrées ou bien encore issues de manifestations spontanées, quels que soient les techniques ou les formats utilisés, les représentations de l’architecture contemporaine abondent et révèlent quantités de discours et de points de vues originaux qui donnent à l’historien l’occasion d’exploiter des ressources parfois inattendues.
– Enfin, quand la représentation rencontre l’architecture, c’est bien souvent pour stigmatiser des moments clefs d’une temporalité élargie, des instants qui célèbrent, altèrent, font ou défont l’intégrité d’une œuvre à l’occasion de petits ou de grands bouleversements. L’architecture n’en ressort pas indemne, et quand elle n’est pas réduite à l’état de souvenir, elle se transforme plus ou moins radicalement pour s’adapter à de nouvelles exigences, pour surmonter des désordres internes ou contrecarrer des assauts extérieurs. Tandis que les transformations territoriales s’inscrivent dans de grands mouvements décrits par l’histoire des villes, les transformations de l’architecture contemporaine restent encore un sujet presque tabou, comme si les états successifs d’un édifice ne témoignaient qu’une situation d’échec.
 
Convoquer une archéologie du projet, mettre en exergue la question des représentations de l’architecture ou bien de ses transformations contribue à interroger l’œuvre dans un rapport de proximité qui implique une connaissance intime du projet. Cette étroite connivence avec l’objet construit permet au chercheur de mettre au jour de nouveaux indices, des traces infimes, de nouvelles sources dont l’exploitation raisonnée sert à documenter plus précisément le projet pour mieux le comprendre. La singularité de la démarche sous-tendue par les méthodes mises en exergue dans le précédent projet scientifique vient alimenter un nouveau programme plein de promesses comme le laissent deviner les dernières actions réalisées dans le cadre du laboratoire.
 
1. Une archéologie du projet
Directement inspirée par l’intitulé et le contenu du séminaire dispensé depuis près de vingt ans à l’ENSAP de Lille, cette approche propose de réaffirmer une manière de faire de l’histoire de l’architecture profondément ancrée dans la réalité des objets étudiés. Tandis que l’obsolescence plane sur quantité de programmes aujourd’hui malmenés, avec souvent le spectre de la disparition agité par un jeu de pressions économiques et politiques, cette démarche propose d’interroger les qualités de l’architecture au plus près du projet pour rappeler le sens particulier de ces édifices et mieux en apprécier la valeur. Bâtiments publics, édifices cultuels, équipements industriels, commerciaux ou de loisir, logements individuels ou collectifs, aucun programme n’échappe à ce corpus d’étude qui a connu une glorieuse période de renouvellement dans les années de l’après-guerre, jusqu’au premier choc pétrolier.
La notion de trace développée par l’historien Carlo Ginzburg est une des notions opératoires les plus stimulantes pour toucher au cœur de la réalité de ces réalisations et tenter d’échafauder des « prophéties rétrospectives » stimulées par la fameuse méthode indiciaire de Giovanni Morelli. Basée sur l’exploitation de faits marginaux considérés comme révélateurs, finement décrits avant d’être soumis à l’interprétation, cette histoire participe à l’augmentation des sources compilées en archives complétées par de nouveaux signes qui servent à documenter plus précisément l’objet étudié. Les marques ou les stigmates de l’histoire révèlent alors les qualités et les défauts d’un projet, laisse entrevoir les failles qui expliquent les héritages douloureux, les traumatismes ou les ruptures qui se jouent entre l’œuvre et la société.
Dans cette voie, les travaux menés sur l’histoire des nouveaux programmes architecturaux révèlent l’importance d’une thématique qui a encore beaucoup de choses à nous apprendre comme le montrent les travaux développés sous la direction de Franz Graf au laboratoire des techniques et de la sauvegarde de l’architecture moderne (ENAC-TSAM) de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne , un établissement avec lequel le domaine histoire du Lacth entretien aujourd’hui des liens étroits.
Enfin, il est important de rappeler comment en exhumant de nouveaux documents qui viennent alimenter l’écriture de l’histoire de l’architecture contemporaine cette archéologie des formes et des environnements construits sert aussi au projet global de production de connaissances qui anime chacun des domaines du Lacth. En réactivant à l’échelle d’une architecture parfois banale la valeur scientifique attribuée par Aloïs Riegl aux monuments historiques, cette approche se concentre sur l’extraction d’une vérité historique cachée derrière la carapace d’ouvrages ternis par le temps mais parfaitement disposés à livrer leurs secrets.
 
2. L’architecture et ses représentations
En s’intéressant à « l’architecture et ses images » dans la première moitié du XXe siècle, Gérard Monnier a déjà souligné les liens étroits qui relient l’œuvre et ses formes médiatisées dans des stratégies de contrôle visuel du projet, où finalement « la nouvelle architecture est du côté de l’affiche moderne, du dessin animé, des graphismes nouveaux, des photos contrastées, des schémas » . En dehors de ces logiques d’agences, Ernst Gombrich avait déjà signalé au début des années soixante, comment « le progrès et la vulgarisation des procédés de représentation » avaient radicalement transformé notre rapport à l’image, en créant une situation devant laquelle l’historien ne pouvait rester indifférent.
La multiplication des supports et des stratégies de communication ne datent pas de l’ère du multimédia ni de l’utilisation de la photographie dans la publicité. L’architecture n’a pas attendu le XXe siècle pour devenir image de marque en colonisant les emballages et en s’imposant sur les papiers à en-tête. Les articles récemment parus dans le n°30 de la revue Sociétés & représentations, dirigé par Gérard Monnier et Evelyne Cohen – une livraison invariablement intitulée « L’architecture et ses images » -, ou dans le n°12 de la revue Les Cahiers Thématiques témoignent de l’emprise croissante des images d’architecture sur notre quotidien, comme un décor en perpétuelle recomposition.
De l’objet construit à l’incroyable diversité de ses représentions, se poursuit finalement la quête sans relâche des signes imperceptibles et des traces évoqués dans le paragraphe précédent. Insister sur le corpus illimité des représentations de l’architecture, c’est reconnaître toute leur importance aux pièces qui justifient l’histoire « et auxquelles la malice et l’ignorance n’ont pu donner atteinte » . Les supports qui accueillent l’architecture dépassent largement le domaine de la numismatique exploré par Francis Haskell, mais l’ambition reste la même : décrypter la mise en récit ou en image d’un phénomène pour tenter de mieux le cerner en multipliant les comparaisons et les confrontations qui révèlent la richesse et la diversité des points de vue. Analyser les techniques, les formats, les styles utilisés, les conditions de diffusion qui accompagnent l’émergence de ces petits monuments érigés en réaction à l’installation d’un édifice revient déjà à parler de réception en sondant l’opinion.
Comme l’approche archéologique décrite précédemment, l’étude des représentations de l’architecture contemporaine permet la mise au jour de nouvelles sources qui deviennent les documents d’une histoire renouvelée. Un lien évident et prometteur s’installe avec le champ des visual studies, même si les représentations de l’architecture intègrent également tout un corpus d’enregistrements sonores et de témoignages oraux qui ne font que confirmer la richesse de la thématique.
3. Logiques de transformation
Dans une chronologie étendue, l’histoire d’un édifice raconte quantité de variations, d’épisodes houleux faits de ruptures et de conflits qui témoignent parfois tout simplement de la réalité d’une œuvre exposée aux outrages du temps – l’essentiel des « défauts adventices » déplorés par Alberti dans son De re Aedificatoria (livre X, chapitre I) . Dans ce contexte mouvementé, les événements se succèdent, les avis unanimes finissent par diverger et s’opposer, relayés par des expertises contradictoires. Au rythme d’une grande pulsation qui témoignerait à la fois de la vitalité du débat qu’elle suscite et des avaries qu’elle subit, l’architecture traverse l’histoire en perpétuelle transformation.
Considérer l’achèvement contractuel du chantier comme un état abouti ne serait que pure illusion, l’expression d’un idéal d’architecte, une promesse de table à dessin. Investi, usé, restauré, embelli, obsolète, restructuré, désaffecté, ruiné, classé, protégé, le projet connaît toute une série d’états physiques successifs liés à une histoire tourmentée qui cache bien des aléas dont on retrouve difficilement la trace. Un dépouillement attentif de la presse locale, des témoignages oraux rassemblés patiemment permettent parfois d’identifier ces moments clefs. A une échelle moins fine, l’iconographie exalte souvent ces changements troublants avec l’apparition ou la disparition de détails, de formes, d’ouvertures, la modification d’immeubles voisins ou la reconfiguration de contextes en mutation. Les événements qui secouent l’architecture, toutes ces « brusqueries efficaces » comme les nommait Henri Focillon, donnent à voir « un treillis de représentations et de faits, un composite de discours et d’expériences » rassemblés par Michel Poivert dans l’exposition « L’événement, les images comme acteurs de l’histoire » organisée en 2007 à la galerie du Jeu de Paume. Transformiste, l’architecture devient alors l’objet d’un spectacle qui suscite tour à tour la curiosité et le trouble, le bien-être et l’inconfort, l’amour et la haine. Un dialogue perpétuel s’établit alors entre ces états successifs et l’opinion avec la mise en place d’une réception permanente le plus souvent infléchie par des édiles, rarement par des spécialistes patentés.
L’étude de ces états successifs et des passages de l’un à l’autre, permet de mettre en évidence les articulations qui s’opèrent entre les temporalités courtes de l’événement et le temps long de l’architecture, de mieux cerner les enjeux qui se trament et d’évaluer les conséquences d’une crise en perpétuel devenir. Cette approche propose de décrire et d’explorer les rouages d’un mouvement dont on connaît moins la mécanique historique que les vertus esthétiques.

Matérialité

Pensée et culture constructives

 

La matérialité semble se définir en étroite relation avec la matière et les matériaux, par contraste avec eux, tout en y renvoyant sans cesse. Elle peut en effet être considérée comme la deuxième étape de mutations progressives, d’abord de la matière, dite « première » voire pour certains « naturelle », devenue matériau par transformation physique (chimique) ou psychologique (culturelle). Ensuite la matérialité en tant que mise en œuvre spécifique des matériaux entre eux, devient langage. Elle produit des effets qui dépendent des matières mais ne s’y réduisent pas. Le matériau renvoie à la sensation, au sensible, à l’expérience esthétique quand la matérialité renvoie au sentiment, à l’émotion, au mode de pensée.
Pourtant à y regarder de plus près, force est de constater le caractère polysémique du terme matérialité, qui s’entend alors autant en termes physiques (la masse) qu’immatériels (l’impalpable), en termes visibles (l’objet) qu’invisibles (le climat), en termes constructifs (structure, enveloppe, assemblages) que simplement fictionnels (représentation, information), en terme sensible qu’en terme de récit culturel, convoquant autant la philosophie que la sociologie (projections collectives), l’ingénierie que l’art.
La question polysémique s’accompagne ainsi d’un caractère pluridisciplinaire et mobilise ainsi divers champs :
– l’histoire, histoire matérielle de l’architecture (qui place au centre de ses préoccupations les questions liées à la production du bâti, au chantier, aux matériaux, aux savoir-faire, aux métiers) mais aussi histoire de l’art en lien avec l’histoire des sciences et des techniques (épistémologie). L’origine de l’architecture est toujours en débat entre la structure, l’ossature (abbé Laugier) et la texture, la surface tissée (Semper), entre la construction solide (l’abri, la cabane primitive) ou l’ambiance, l’environnement bien tempéré du feu de camp (Reyner Banham). La question morale de la vérité (vérité constructive, la vérité en architecture) croise régulièrement celle de l’excès (le baroque) ou de l’efficacité (St Simon).
– l’art, et particulièrement les interactions entre la forme et la matière. La forme est parfois pensée indépendamment de la matière. Parfois la matière induit une forme. La construction peut être un art. La lumière est un matériau d’architecture.
– la philosophie, avec par exemple la question de la technique, si chère à Heidegger ou Simondon, mais aussi les questionnements sur l’intuition sensible (Dewey) et la phénoménologie (Hegel, Husserl, Heidegger, Merleau-Ponty)
 
Ainsi, les problématiques de ce domaine de recherche s’articulent autour de deux orientations. La première, identifiée par le concept de tectonique, s’intéresse à l’idée constructive, au geste et à la mise en œuvre de la matière. La seconde, que l’on désignera de a-tectonique, s’intéresse à la fois aux effets visuels de la mise en œuvre (transparence, reflets, etc.) et aux données climatiques (qualité de l’air, humidité, chaleur). Il s’agit en réalité d’une autre tectonique, hors la primauté de la vue, et qui répond aux exigences actuelles en termes d’énergie et de maîtrise des ambiances.
Dans ce sens, la matérialité renvoie à certains phénomènes de l’ordre de l’immatériel, qui se prêtent moins à la représentation. Pour autant, il s’agit bien ici d’observer ces phénomènes non comme une disparition de la matière, mais comme un travail sur une matière “autre”.
 
1. Tectonique
Sous cet intitulé sont regroupées les problématiques qui participent à la fois de l’histoire de la construction et des techniques, mais aussi de l’histoire des sciences et de l’histoire des idées. Cette dernière, en particulier, n’étant pas figée dans des limites “disciplinaires” préconstituées, se montre surtout efficace car elle nous permet de traverser librement le complexe mélange d’éléments intellectuels et sensibles qui constituent les différentes visions du monde auxquelles l’architecture participe.
N’appartenant stricto sensu à aucun de ces champs de savoirs constitués, ce domaine trouve son intérêt par la façon dont il propose de croiser les regards entre ces différents champs et de montrer leur inévitable imbrication.
Entre autre, l’accent sera mis sur la notion de tectonique telle qu’elle a été reformulée en 1995 dans l’ouvrage de Kenneth Frampton (Studies in Tectonic Culture : The Poetics of Construction in Nineteenth and Twentieth Century Architecture, MIT Press). Frampton remarque que conjointement à une pensée de l’espace et de la forme, la plupart des architectes du 20e siècle a développé une poétique de la construction et une philosophie de la matérialité que la culture moderne, avec son attention presque exclusive à la notion d’espace, a souvent négligée. Cette définition générale de tectonique comme “poétique” de la construction et de la matérialité qui influence et crée un espace, ouvre un champ d’analyse très vaste permettant d’interroger (ou mieux de réinterroger) des productions architecturales remarquables afin d’en comprendre les raisons techniques.
Si l’on croise les définitions originaires de Schelling, Bötticher et Hume, la tectonique est le système de représentation architecturale de l’idée constructive pour lequel les formes doivent répondre aux lois de la statique et à la nature des matériaux. Mais elle est aussi l’image de la construction traduite par l’œuvre de l’architecte. Cette notion, déjà à partir de ses formulations initiales, évoque avec beaucoup de force les strictes relations entre les matériaux, les techniques de construction et la forme architecturale, et s’offre aujourd’hui comme une manière d’interroger la dialectique culturelle entre conception et construction. Principe de médiation entre la réalité et son image, elle ouvre aussi à une réflexion sur l’expressivité constructive de l’architecture permettant de lire l’acte constructif non seulement comme un “fait matériel” mais aussi comme un fait intellectuel et artistique capable d’engendrer des connaissances transmissibles. Le concept de tectonique devient donc une clé herméneutique qui nous aide à analyser, iuxta propria principia, les fondements de la construction quand ils se confondent encore avec d’autres formes de savoirs et de pensées et se cachent sous d’autres problèmes. Cette notion, aujourd’hui en phase de reformulation et de gestation conceptuelle, après des années d’hibernation, se montre souvent encore énigmatique et difficile à situer théoriquement. Toutefois elle montre tout son intérêt quand l’on veut interroger les conditions d’un dialogue actif et sensible entre la conception et la construction du projet, entre la pensée et l’objet ou, dans l’ancienne dichotomie vitruvienne, entre fabrica et ratiocinatio.
Elle peut donc servir de charnière à quelques interrogations générales sur les conditions d’un dialogue actif entre la conception et la construction du projet d’architecture, sur le potentiel (structurel, expressif, logique, représentatif, évocateur, symbolique, etc…) des matériaux à exploiter dans la phase de conception, sur le positionnement face à la technique, sur les conditions d’un rejaillissement culturel de l’acte constructif.
D’un point de vue particulier, l’accent sur la tectonique permet de mettre en évidence la capacité expressive, voire poïétique et poétique de la construction
– approfondir la question de la dimension matérielle de l’architecture et celle de la construction en relation avec la pensée et le projet d’architecture
– mettre en relation les rapports entre les idées, les représentations et la matérialité dans le projet
– mettre en évidence les différentes implications de la matérialité dans l’évolution de la pensée et dans la production d’œuvres emblématiques
– comprendre le rôle de préfabrication et production standardisée
– comprendre la tension entre matériaux traditionnels et nouvelles situations structurales
– analyser sous l’optique de la valeur éthique et morale de la tectonique, le principe de contrefaçon de la matière et de la vérité de la structure.
– analyser l’influence des raisons politiques, religieuses, sociales sur l’évolution technique de l’architecture
– les systèmes de construction archétypaux et l’éventail de modes de constructions actuels dans leur réponse aux exigences nouvelles
– saisir le statut mimétique des principes constructifs vis-à-vis du modèle naturel
– étudier l’architecture non comme une succession temporelle de formes stylistiques, mais comme un processus évolutif des techniques de construction.
L’objectif de ce domaine de recherche n’étant pas de répondre à ces interrogations mais plutôt de les soulever et les travailler.
 
2. A-tectonique
En termes contemporains, face à une production du projet qui n’apparaît plus associable à l’architecture “vitruvienne”, d’autres questionnements s’ouvrent, qui sont directement liés à la dimension matérielle et constructive de l’architecture (on se réfère ici à l’architecture morphogénétique et performative). Dans ce nouveau processus, l’architectonique immanente à la construction semble avoir perdu tout son sens et souvent les termes « liquide » ou « fluide » sont censés l’adjectiviser. Une sorte d’altérité aux valeurs traditionnelles de l’architecture semble s’opposer à la vision constructive et analytique qui prévoyait une composition rationnelle et anti-iconique. Par cette liquidation du modèle architectural traditionnel aujourd’hui, des nouveaux concepts et des nouveaux mots semblent être appelés à fonder l’œuvre architecturale. Mots et concepts tels que création, expression, liberté, vérité, authenticité substituent l’ancien vocabulaire qui lie l’architecture à l’invention, à la composition, au modèle, en modifiant les moyens et les valeurs de la pratique architecturale, sa tectonique, son échelle. C’est encore une fois la philosophie de l’art allemande qui nous fournit une clé de lecture appropriée. Dans son ouvrage, Principes fondamentaux de l’histoire de l’art : le problème de l’évolution du style dans l’art moderne, paru à Munich en 1915, Wöllfflin utilise le terme tectonique et a-tectonique, pour définir les deux formes (ouverte et fermée) de l’œuvre d’art. Ainsi, la forme tectonique renvoie à une unité organique et à tout ce qui est stable, symétrique, construit, accompli, contenu dans des limites. Par contre, la forme ouverte, a-tectonique, relève de l’idée de mouvement, de contraste, d’instabilité, de franchissement des limites. Ainsi, l’architecture morphogénétique, mais aussi l’air, l’énergie, les effets sensibles de la matière et les aspects immatériels de l’œuvre architecturale, s’inscrivent dans ce registre.
Il est possible d’interroger la tectonique comme contenant (forme fermée, enveloppe) pour penser la tectonique comme contenu (forme ouverte qui s’inscrit dans des limites). Dans ce cadre, l’exemple de l’architecture pneumatique des années 60 et 70 nous montre combien l’air sous pression est autant un matériau de construction que le film PVC qui le contient. On observe ainsi un premier basculement de ce que l’on entend traditionnellement par matériau de construction. Si l’air devient un enjeu constructif, sa qualité, sa température, son hygrométrie, sa pression, sa vibration (par la musique) voire son parfum peuvent le devenir tout autant. L’accent mis sur les questions énergétiques, sur les questions climatiques permet d’étudier une matérialité de l’architecture sensible, mais pas forcément visible (matérialité a-tectonique). On pourrait parler alors de la matérialité de la matière invisible (dont le silence, les sons, l’écho). Un deuxième basculement permet enfin d’observer quand la pensée d’une atmosphère homogène a évolué vers une pensée de l’atmosphère hétérogène. La pensée de l’espace se précise en le désignant moins comme vide que comme « milieu » ou  » environnement « , plus ou moins déterminé par la météorologie, et qui construit des ambiances fluctuantes qui engagent à s’intéresser à la matérialité de la durée, du temps, de l’instant.
Dans une vision contemporaine de la matérialité ce domaine vise alors à développer les questionnements suivants :
– quelles sont les conséquences de ce dépassement de toute référence à la tectonique ou à la cohérence et à la logique structurelle là où une vision de l’architecture comme continuum semble s’opposer à l’approche stéréotomique de la matière cartésienne ?
– Quelles conséquences suivent à ce renversement de la séquence traditionnelle qui voit, dans une première phase, le développement de la forme et, ensuite, l’analyse de sa réalité dimensionnelle et structurelle et de sa matérialité ?
La question qu’on peut se poser alors, en termes plus généraux, est la suivante :
– quelles sont, dans ce contexte, les implications actuelles des éléments de la triade vitruvienne de firmitas, utilitas et venustas ? Il s’agit de déclarer l’autonomie de l’architecture, relativement aux raisons qui l’ont engendrée (tectonique) et qui découlent de son être, ainsi que de sa définition implicite même ?
 
On voit bien alors que l’intérêt de ce domaine ne concerne pas l’affirmation en elle-même d’une pensée tectonique (ou, de façon complémentaire, a-tectonique), d’une philosophie et d’une poïétique de la matérialité, mais plutôt le kaléidoscope de ses variantes et de ses reformulations vis-à-vis du problème plus général du projet de la structure et de ses fondements techniques et matériels. La tectonique sera alors une sorte de fil rouge pour traverser le cadre complexe des sciences et techniques en architecture. Toutefois elle n’empêchera pas de mettre en place d’autres modalités pour aborder la pensée constructive. Ces modalités seront aussi liées aux différents chercheurs et aux thèmes de recherche qui seront abordés.

3 échelles de travaux

Intégré à un établissement accueillant deux formations spécifiques — la première à l’architecture, la seconde au paysage —, le LACTH fonde son approche sur la complémentarité de ces formations et sur les relations entretenues dans la recherche entre les questions de l’architecture et celles du paysage.

Les recherches du LACTH, en raison de leur développement dans un établissement d’enseignement marqué par la spécificité de ses méthodes d’apprentissage, convergent tacitement vers l’enseignement du projet d’architecture et de paysage. Si le contenu des domaines de recherche du laboratoire est engagé vers l’enseignement du projet, la pratique du projet interroge également l’évolution de ses travaux scientifiques.

Conformément à la structure démocratique et collégiale du LACTH, ces travaux se développent naturellement selon trois échelles :

L'échelle disciplinaire

Intégré à un établissement accueillant deux formations spécifiques — la première à l’architecture, la seconde au paysage —, le LACTH fonde son approche sur la complémentarité de ces formations et sur les relations entretenues dans la recherche entre les questions de l’architecture et celles du paysage.

Les recherches du Lacth, en raison de leur développement dans un établissement d’enseignement marqué par la spécificité de ses méthodes d’apprentissage, convergent tacitement vers l’enseignement du projet d’architecture et de paysage. Si le contenu des domaines de recherche du laboratoire est engagé vers l’enseignement du projet, la pratique du projet interroge également l’évolution de ses travaux scientifiques.

Conformément à la structure démocratique et collégiale du LACTH, ces travaux se développent naturellement selon deux échelles :

 

a) L’échelle disciplinaire

Les chercheurs du LACTH ont été formés et ont développé des compétences spécifiques liées à leurs itinéraires personnels. Architectes et paysagistes ayant poursuivis des doubles cursus universitaires, scientifiques, historiens, philosophes, géographes ayant, dans le cadre de leurs propres disciplines concentrés leurs travaux sur l’architecture, la ville et les paysages, ils poursuivent un itinéraire que leurs travaux personnels, doctorats et habilitations à diriger les recherches, ont souvent canalisé vers des compétences singulières et des problématiques originales reconnues par la communauté scientifique et lisibles dans les dynamiques cognitives, la densité des actions de valorisation et les publications. Cette échelle disciplinaire nourrit l’ensemble du laboratoire.

 

b) L’échelle inter(trans)disciplinaire (ou collaborative)

Les représentations des différentes disciplines au sein du LACTH facilitent la collaboration et le regroupement des chercheurs des différents domaines dans le but de répondre à des projets de recherche spécifiques ou à des demandes sociales particulières. Groupement de compétences dont l’association est indispensable pour aborder un sujet, intérêt commun pour un objet d’étude, complémentarité dans les méthodes sont les raisons essentielles qui motivent la collaboration de plusieurs chercheurs dans ces recherches – qui, majoritairement, bénéficient de financements.

Dans le cadre du nouveau projet scientifique du LACTH (2013-2018), la volonté d’un projet fédératif permettant de structurer le collectif de travail, de favoriser les croisements disciplinaires et l’émergence de nouvelles interrogations et méthodes, a favorisé concrétisé une troisième échelle de travaux :

 

c) L’échelle fédérative et transdisciplinaire

Villeneuve d’Ascq, une ville nouvelle dans la Métropole est le terrain choisi pour ce projet, en vue de proposer une approche scientifique globale de la question du contemporain.

L'échelle inter(trans)disciplinaire (ou collaborative)

Les représentations des différentes disciplines au sein du LACTH facilitent la collaboration et le regroupement des chercheurs des différents domaines dans le but de répondre à des projets de recherche spécifiques ou à des demandes sociales particulières. Groupement de compétences dont l’association est indispensable pour aborder un sujet, intérêt commun pour un objet d’étude, complémentarité dans les méthodes sont les raisons essentielles qui motivent la collaboration de plusieurs chercheurs dans ces recherches – qui, majoritairement, bénéficient de financements.

Dans le cadre du nouveau projet scientifique du LACTH (2013-2018), la volonté d’un projet fédératif permettant de structurer le collectif de travail, de favoriser les croisements disciplinaires et l’émergence de nouvelles interrogations et méthodes, a favorisé concrétisé une troisième échelle de travaux.

L'échelle fédérative et transdisciplinaire

Villeneuve d’Ascq, une ville nouvelle dans la Métropole est le terrain choisi pour ce projet, en vue de proposer une approche scientifique globale de la question du contemporain.

Recherches en cours

Repenser l’innovation

Connaître et gérer le legs du logement social, expérimental et innovant de la décennie 1968-1978
 
Durée  : 2017-2019
Programme de recherche du ministère de la Culture
Responsable scientifique : Ana bela de Araujo (INAMA, ENSA de Marseille), resp. de l’équipe marseillaise
Chercheurs LACTH : Caroline Bauer, Catherine Blain, Denis Delbaere, Richard Klein, Antonella Mastrorilli, Eric Monin et Roberta Zarcone
Autres intervenants de l’ENSAPL : Pascal Lejarre et Gilles Maury
L’objectif de la recherche consiste à tirer les enseignements de réalisations architecturales emblé-matiques de la réorientation de la politique de construction du logement tournée vers le renouveau de la qualité du cadre de vie des français. La doctrine de l’innovation a impulsé au tournant des années 1960-1970 un véritable laboratoire de l’habitat : le logement social à caractère expérimental, innovant et qualitatif.

L’échantillon d’analyse d’une quarantaine de réalisations réunit dans une visée comparative : opérations réalisées en nombre et en série à partir de la définition d’un modèle (Modèles Innovation), opérations s’inscrivant dans les divers dispositifs volontaristes imaginés et mis en œuvre par l’état dans le cadre des Villes Nouvelles, opérations réalisés dans un cadre plus libre…


La démarche propose à la fois une analyse à visée historiographique et critique et une évaluation au regard des normes, modèles et valeurs contemporaines. L’analyse historique et matérielle du corpus, réalisée dans le cadre de la pédagogie (à l’ENSAP de Lille et à l’ENSA de Marseille), alimentera de manière substantielle deux réflexions portées par les enseignants chercheurs d’INAMA et du LACTH.

Six volets de cette recherche sont traités par le LACTH :

  • La réalisation d’un inventaire des opérations de Modèles Innovation dans la région des Hauts de France, constituant ainsi le corpus d’une évaluation patrimoniale au regard du nouveau label Architecture Contemporaine Remarquable (Caroline Bauer & Richard Klein)

  • L’étude des composants du second œuvre, à la fois dans les Modèles Innovation et dans certaines réalisations, en vue de s’interroger sur leur potentiel de durabilité/évolutivité/obsolescence ainsi que sur les stratégies de rénovation (Catherine Blain & Eric Monin)

  • L’expérimentation thermique par des simulations énergétiques dynamiques sur un type de Modèle Innovation construit (Salamandre) afin de mesurer leurs performances et d’identifier des stratégies d’intervention (Antonella Mastrorilli & Roberta Zarcone)

  • L’analyse de la dimension paysagère des Modèles (théorique et corpus construit) sous l’angle des discours et des productions de projets, des espaces et de leur appropriation sociale (Denis Delbaere)

  • L’étude d’un projet d’intervention à partir d’une opération du corpus d’habitat intermédiaire, effectué sur un semestre au sein d’un atelier de projet du cycle de Master (Pascal Lejarre, domaine ‘Histoire Théories et Projet’)

  • L’analyse de l’existant et l’exploration de ses potentiels de rénovation et de transformation dans le cas d’une réalisation locale d’un type de Modèle Innovation (Maisons Gradins Jardins), dans le cadre d’un atelier de projet du cycle de Master  (Gilles Maury,  domaine ‘Histoire Théories et Projet’).
 
> illustration : Maison Gradins jardins (modèle Innovation 1974 ; extrait de la plaquette)

HoCoMi : L’Hôpital comme milieu

Recherche fondamentale et recherche-action sur l’architecture, le paysage, les pratiques au sein de l’hôpital comme lieu de vie dans la ville.
 
Mandataires et partenaires  : CHRU de Lille, Espace éthique Hospitalier et Universitaire (EEHU), MESHS/CNRS
Responsables : Catherine Grout et Céline Barrère
Laboratoire associé :
Sylvie Salles et Donato Severo de l’EVCAU (Ensa Paris-Val de Seine)
Chercheurs : Lina Bendahmane, Isabelle Estienne, Clotilde Fromentin-Félix, Pierre Lebrun, Bernard Meurin (EEHU), Sylvie Vandoolaeghe (EEHU).
Chercheure invitée : Sylvie Brosseau (université de Waseda).
Depuis son lancement, ce programme se développe au rythme de séminaires scientifiques pluridisciplinaires, organisés par Catherine Grout, Céline Barrère et Sylvie Salles.

Ces rencontres se déroulent dans le cadre de l’accueil par l’EEHU d’une équipe de recherche à l’initiative et en collaboration avec le LACTH. L’hôpital y est considéré comme un milieu à la fois depuis et avec les personnes qui l’occupent (les professionnels de santé, les patients, les accompagnants) : un milieu de soins, de travail et de vie. 
La première année de séminaire, intitulé Hôpital & ville, a été accueillie à la MESH dans le cadre de son programme ‘Soutien à activités partenariales 2012-2013′.

La première séance, tenue le 15 mai 2013, a eu pour thème « Approche de l’espace architectural par la topologie » (par Sylvie Salles, architecte, docteur, maître-assistante à l’ENSA de Paris Val-de-Seine).
Elle a permis de fédérer les questionnements entre les chercheurs et doctorants autour de « L’hôpital comme sujet de recherche architectural : méthode, approches, bibliographie » (avec Donato Severo et Séverine Bridoux-Michel, chercheur sau Lacth, Lina Bendahmane, , doctorante sous la direction de Catherine Grout).
Les autres séances ont abordé la topologie en un croisement des références et des disciplines, ont permis un échange avec des médecins de CHU de Lille ainsi que des visites d’hôpitaux avec un travail sur la transmission des expériences.
En 2014-2015, le Lacth a participé au cycle de rencontres de la MESHS, sous le thème Espace, qualité de vie et situation de handicap :
  • en octobre 2014, workshop « Espace, qualité de vie, situations de handicaps » (présentation de la recherche par Catherine Grout);
  • en février 2015, « Journée d’échanges mondes académique et socio-économique, domaine de la Santé » (intervention de Donato Severo : « Santé et architecture: enjeux et perspectives de la recherche »).
 
Le programme s’est par ailleurs poursuivi, soutenu par l’Espace Ethique Hospitalier et Universitaire du CHRU de Lille (EEHU), qui a organisé une commission générale exceptionnelle dédiée à la présentation de la recherche à ses membres ainsi qu’à des personnalités invitées (3 février 2015). Une séance de séminaire s’est déroulée au Lacth le 10 mars 2015 (Bruno Rossetti, du CHRU de Lille: « L’Hôpital de demain »).
 
En 2016 se sont tenues cinq autres séances de séminaire avec l’EEHU et l’UMR LAVUE 7218 (ENSA Paris Val de Seine) portant sur des témoignages vécus de l’hôpital à partir de la thématique « Hospitalité et vulnérabilité partagées ».
Organisation : Catherine Grout et Céline Barrère.
 
En 2017-2018, les quatre séances ont été consacrées aux mots de l’hospitalité :
  • 6 décembre 2017 : « Les mots de l’hospitalité 1 »
  • 15 décembre 2017 : « Les mots de l’hospitalité 2 », EVCAU (Paris-Val-de-Seine), avec une intervention de Lina Bendahmane (au sujet du couloir à l’hôpital.)
  • 13 mars 2018 : « Architecture et hospitalité ». Avec les interventions de Donato Severo (professeur et chercheur à l’EVCAU ENSA Paris Val de Seine, sur les travaux concernant l’architecture et la psychiatrie) et de Lina Bendahmane (doctorante au LATCH, « Quelques éléments concernant la spatialité, au sujet de l’hôpital Jeanne de Flandre au CHRU de Lille »), en présence de Wladimir Mitrofanoff (architecte en chef de l’hôpital entre 1989 et 1997 ).
  • 5 avril 2018 : « Des environnements sensibles », EVCAU (Paris-Val-de-Seine), avec les interventions « Corps et espace » de Sandra Ancelot (plasticienne performeure, MA à l’ENSA de Bretagne) et «  Le monde environnant » de Catherine Grout.

Permettant les échanges, elles sont aussi destinées à alimenter le Carnets de recherche « L’hôpital comme milieu », ouvert en ligne au printemps 2017.
En parallèle à cette recherche a été lancé un appel à contributions pour les Cahiers Thématiques n°18 sur le thème « Hospitalité(s). Espace(s) de soin, de tension et de présence », qui paraîtra à la fin de l’année 2018 (12 articles scientifiques et 9 témoignages).

En 2018-2019 se poursuivront les séances de séminaire et une journée d’étude au printemps 2019 à l’occasion de la sortie des Cahiers Thématiques.
Une recherche annexe, engagée en 2017, se développera également en parallèle :


A L’Ouest

Durée : 2017-2020

Objectif : observation participante d’une création théâtrale au sein d’un établissement psychiatrique et usages du patrimoine bâti.

Collaboration entre le LACTH, l’Etablissement Public de Santé de Mentale (EPSM) de l’Agglomération Lilloise et le Centre Transfrontalier de Création Théâtrale «La Virgule», associant la Compagnie Jean-Marc Chotteau à Tourcoing (Tourcoing, France) et le Centre Culturel Mouscronnois à Mouscron (Belgique).


Pilotée par Céline Barrère (LACTH) et par le directeur et metteur en scène Jean-Marc Chotteau, cette recherche a pour objet la collecte de témoignages auprès de professionnels, soignants et administratifs, et de patients.
> ill. CHRU de Lille / Hôpital Claude Huriez  : aménagement de la cour d’honneur, Nishikawa 2006 (© CG 2015)

COOPERER

Métabolisme territorial, Economie collaborative et Projets transfrontaliers
 
Durée  : 2018-2020
Projet de recherche retenu dans le cadre du programme POPSU3 : «Métropoles et systèmes métropolitains » (Plate-forme d’Observation des Projets et Stratégies Urbaines)
Co-responsables scientifiques : Bénédicte Grosjean (LACTH) et Marc Dumont (TVES)
Partenaires : Université de Lille 1 (laboratoire TVES), laboratoire Geographie-Cités, Métropole Européenne de Lille (MEL).
Financements : Plan Urbanisme Construction Architecture (PUCA), Commissariat général à l’égalité des territoires, Direction de l’architecture au ministère de la Culture, Métropole Européenne de Lille.

L’appel d’offre POPSU La Métropole et les autres portait sur les coopérations métropolitaines au sens large (avec les villes moyennes, avec leurs péri-urbains, avec les nouvelles Régions, en transfrontalier), pour questionner leur « capacité d’impulsion et de redistribution », dans un « régime de transition» économique, écologique, énergétique, numérique.


La MEL (parmi 14 métropoles participantes), les laboratoires TVES et LACTH se sont associés pour élaborer des sujets d’analyse présentant un intérêt comparatif mais aussi des spécificités lilloises, et une méthode de recherche-action adaptée au fonctionnement POPSU : il s’agit « d’ouvrir une scène locale de réflexion » sous la forme d’ateliers entre chercheurs, élus et professionnels, « pour une mise en discussion réelle, in itinere, des analyses », mettant chacun en situation réflexive.
 
La coopération (dans son histoire et celle des systèmes de gouvernance, mais surtout dans ses méthodes et ses outils) sera observée localement et analysée de manière pluridisciplinaire à travers trois objets d’études :

1) Métabolisme territorial. La gestion des ressources (matières, énergie) implique nécessairement des collaborations : certains territoires produisent ou stockent les ressources nécessaires aux métropoles (intrants), certains gèrent les extrants (déchets au sens large), tous sont traversés par ces flux qui lient les territoires dans des relations autres que servant/servis. L’analyse se centrera sur la ressource en eau (partage des nappes phréatiques, gestion des eaux usées, protection des espaces humides et des champs captants). Elle visera à examiner la capacité des pratiques autour de ces ressources à constituer ou non des vecteurs de coopération.

2) Economies collaboratives. Dans un contexte compétitif, et marqué par une captation de l’emploi par la métropole-centre, il s’agit d’étudier comment construire un intérêt commun à l’aire d’influence lilloise pour l’affirmation d’une «métropole en réseau productive». Dans l’hypothèse d’un redéploiement de l’emploi via l’économie collaborative, les stratégies des collectivités territoriales promouvant les tiers-lieux productifs seront confrontées avec les stratégies de localisation des acteurs économiques.

3) Projets transfrontaliers. A travers notamment la mise en place du projet territorial «Espace Bleu» développé par le GECT Eurométropole Likoto, seront questionnées les conditions d’élaboration des collaborations institutionnelles, leurs apports effectifs aux territoires, et les dispositifs mobilisés pour mettre en place, pérenniser et rendre opératoires des projets coopératifs, à la fois horizontalement sans hiérarchie mais aussi ascendants, avec les collectivités locales concernées.

HEnsA20

Histoire de l’Enseignement de l’Architecture au XXe siècle
Durée  : 2015-2020
Programme de recherche national piloté par le BRAUP et le Comité d’histoire du Ministère de la Culture.

Responsables  : Anne-Marie Châtelet, Marie-Jeanne Dumont et Daniel Le Couëdic.
Chercheurs LACTH  : Catherine Blain (en 2015-2016), Gilles Maury, Véronique Patteeuw et Juliette Pommier (responsables à partir de 2016), Richard Klein (membre du comité de pilotage), Frank Vermandel, Florence Wierre et Elise Guillerm (chercheuse associée).

Ce programme se développe au fil de séminaires croisant des points de vue monographiques et thématiques, dans différentes écoles nationales supérieures d’architecture et de paysage. L’ENSAPL coordonnera un séminaire en 2020.


Depuis son lancement, les chercheurs participent aux réunions et aux journées d’études de ce programme, tenues à Paris (fév. 2016), Strasbourg (nov. 2016) et à Nantes (déc. 2017).
 
Depuis la rentrée 2017, l’équipe associe pédagogie et recherche dans le cadre de deux séminaires (séminaire de recherche de F. Vermandel, exploratoire de V. Patteeuw et J. Pommier), impliquant ainsi les étudiants dans les investigations sur les méthodes et outils pédagogiques développés à Lille depuis 1968, dans la constitution d’archives orales et le recueil des archives pédagogiques privées (anciens enseignants et étudiants).

Parallèlement, des enquêtes sont menées sur l’histoire de l’enseignement à Lille avant 1914 (Gilles Maury) et dans les années 1930 (Richard Klein) ainsi que sur les relations qui lient les écoles de Lille et Tournai à travers la famille Dubuisson (Élise Guillerm). Enfin, des actions sont engagées pour mieux appréhender l’histoire de la bibliothèque de l’Ensapl et celle du réseau Archires des documentalistes des écoles d’architecture en France (Florence Wierre).
 
 
> illustration : Vue intérieure de l’école d’architecture de Lille en 1978 (ateliers du RdC haut © archives ENSAPL)

Villeneuve d’Ascq, une ville nouvelle dans la Métropole

Architectures, formes urbaines et paysages

Durée  : 2013-2020

Responsables  : Richard Klein et Catherine Blain
Partenaire : Région Hauts-de-France, Direction de la culture, Inventaire général

Ce programme de recherche transdisciplinaire a réuni différents enseignants-chercheurs autour de questionnements croisés sur la région métropolitaine.


Les différents chantiers d’investigations lancés dès 2013 ont fédéré plusieurs actions, journées d’études et séminaires, promenades urbaines, etc.

Ce terrain d’étude a été par ailleurs exploré dans le cadre de séminaires de Master (exploratoire et recherche), et dans plusieurs cours et ateliers de l’école (tant en architecture qu’en paysage). Ainsi, au printemps 2016, le potentiel de transformation de la Bibliothèque universitaire de Lille 3 en un Learning Center a été étudié en atelier par des étudiants du cycle Master (domaine Histoire). Cette expérience a fait l’objet d’une publication (Dossiers du Lacth #1, juin 2017, par Catherine Blain et Victoria Pignot); et cette expérience a été présentée lors d’une rencontre inter-écoles sur sur l’enseignement et la recherche dans le champ du Patrimoine (Ensa Paris-Belleville 8 février 2018). Cette veine de collaborations se poursuit depuis 2017, s’intéressant cette fois à des des ensembles de logements issus du programme ‘Modèles Innovation’.

La recherche ayant permis une première publication à l’automne 2016 (Architectures à Villeneuve d’Ascq, guide par quartiers) se poursuit, à différentes échelles, croisant les préoccupations sur le paysage (esquissées lors de la 3e session du séminaire Plan paysage, en nov. 2017).
L’ensemble de ces actions devraient permettre la mise en forme d’un ouvrage collectif et multi-thématique, à paraître dans le cadre de notre partenariat avec la Région  Hauts-de-France.
> Illustration : Vue aérienne de VDA depuis le Nord, vers 1978 : le quartier de Pont de Bois avec l’Université Lille 3 (à g.) et le quartier du Château (à dr.) (DR)

Matrice : croissance intelligente durable et inclusive

Durée  : 2014-2018
Projet financé par des fonds européens FEDER

Porteur du projet : école des mines de Douai
Responsable scientifique WP1 LACTH : Antonella Mastrorilli
Partenaires : Université d’Artois (LGCGE), Institut national de recherche en informatique et robotique (INRIA), École des Hautes études d’ingénieur (HEI), Télécom Lille, POLYTECH Lille et Centrale Lille (écoles d’ingénieurs)
Chercheurs Lacth financés par ce programme : Ahmed Elshafei (déc. 2015-oct. 2016), Mohammad Mansouri et Francesco Pantalone (oct. 2016 à déc. 2017)
Site dédié > 

Ce programme a exploré le potentiel de l’impression 3D dans la production du bâtiment. Après une première phase d’exploration, allant de la géométrie des surfaces à la génération du parcours Robot, grâce aux logiciels Rhinoceros et Grasshopper, plusieurs paramètres ont été établis : morphologie des surfaces, aspect du cordon imprimé, et aussi tout ce qui concerne les réglages du bras robotisé (parcours exact, vitesse, etc.). Cet outil paramétrique a permis de faire de nombreux tests par rapport à différentes contraintes dans le but d’optimiser les résultats des impressions.

Dans le cadre des Rencontres de la Recherche et de l’Innovation en Hauts-de-France (RRI), l’ENSAPL a accueilli chercheurs, industriels et politiques afin de diffuser les résultats de cette recherche transdisciplinaire pour laquelle plus d’une dizaine d’établissements et environ une trentaine de chercheurs ont réfléchi autour des différents aspects de la construction additive. Architectes, ingénieurs et roboticiens ont mis au point collectivement un processus faisant preuve de concept de l’impression 3D à grande échelle à base de matériaux terreux et cimentaires. Les restitutions des chercheurs ont été suivies par une table ronde animée par Dominique Boudin et par une démonstration d’impression.

Recherches achevées

En piste…

Une randonnée scientifique pour une écologie intégrale des grandes infrastructures


Durée  : 2017-2018
Programme interdisciplinaire de recherche Ittecop (Ademe + CILB + Ministère de la Transition Ecologique),
Responsable scientifique  : Denis Delbaere.
Chercheurs LACTH : Nicolas Canova et Sabine Ehrmann
Partenaires : Université  de  Lille 1 (laboratoire EEP, TVES et Clersé), UMR Passages, Office National des Forêts, Métropole Européenne de Lille, Etablissement Public Foncier Nord-Pas de Calais, assocation « Droit au Vélo »
Financements  : Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) et Club Infrastructures Linéaires et Biodiversité (CILB)

Cette recherche a préfiguré un projet structurant autour de la question de l’identification, de la description, de l’analyse et de la gestion des espaces de marges urbaines infrastructurelles, à partir de la piste qui les relient et les organisent en trame verte spontanée.

 
Associant 16 chercheurs issus de disciplines variées (géographie, écologie, biologie, arts, paysage, urbanisme, gestion d’espaces naturels, etc.), elle a pris la forme d’un cycle de trois randonnées scientifiques de 3 jours chacune le long des grandes infrastructures de Likoto (décembre 2017, mai et septembre 2018). Alternant des périodes d’arpentage et de relevés, de synthèse des relevés et de mise en débat de la méthode, puis de reformulation de cette méthode sur le terrain, la recherche permet l’affinement progressif du protocole, jusqu’à parvenir à une méthode transposable sur d’autres terrains de nature comparable.

Le rapport de synthèse met en évidence une plateforme méthodologique commune fondée sur la pratique du terrain, de la marche en groupe, le long et autour de la piste. Chaque discipline est désormais engagée dans une refonte de ses outils sur cette base commune. Un projet de recherche a été déposé auprès de l’ ANR pour étendre ce dispositif à une échelle nationale (Lille, Strasbourg, Bordeaux) et européenne (à préciser).

Ville10D - Ville d’idées

Différentes Dimensions pour un Développement urbain Durable et Désirable Décliné Dans une Dynamique Dessus/Dessous


Durée  : 2013-2016
Commanditaires : MEEDDM et Réseau Génie Civil et Urbain.
Partenaire : laboratoire HABITER (Université de Reims)
Responsable scientifique : Catherine Grout.
Chercheur LACTH  : Catherine Blain

Cette recherche fait partie d’un programme national sur la densité de la ville contemporaine et sur l’habitabilité de la ville souterraine. L’apport spécifique du Lacth concerne l’expérience des espaces souterrains comme milieu, à La Défense.

Durant l’année 2014-2015 plusieurs séances de séminaires ont eu lieu à l’Ensa Paris Val-de-Seine, au Collège de France et à la Défense (locaux DE FACTO). Les visites et expériences situées en des espaces souterrains creusés et construits se sont poursuivies afin d’interroger les spatialités, les modalités de leur description écrite et dessinée – avec Micheline Lelièvre (chorégraphe) pour la conception et l’analyse d’expériences situées et Soazig Friguel (paysagiste) pour le travail de représentation des spatialités et des espaces vécus (in situ et de mémoire).

Après le rapport final regroupant les travaux des diverses équipes rendu à l’automne, s’est tenue au Lacth, le 10 décembre 2015, une séance de séminaire intitulée La ville souterraine : représentations & conception. La part de l’invisible, regroupant des membres de l’équipe et des intervenants invités (voir rencontres scientifiques).  Le matin a été consacré aux « Représentations de la ville et de la ville souterraine. Apports de connaissance » et l’après-midi à « Des représentations à la conception et vice-versa » [publication prévue].

Le résultat de ces travauxa été présenté les 26 et 27 octobre 2016, dans le cadre des 6e Rencontres Internationales de Reims en Sciences de la Durabilité, ayant pour thème « Villes en sous-sol. Pour une transition à la durabilité des espaces urbains: l’option de la ville souterraine ? » (organisation IRCS, université de Reims Champagne-Ardenne).

 
> illustration. La Défense : explorations d’un dessous réaménagé (© C. Grout 2015)

En marge...

Paysage et biodiversité des délaissés et accotements infrastructurels de l’eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai



Durée  : 2010-2016
Programme interdisciplinaire de recherche « Ville et Environnement » (PIRVE), MEEDDM – LMCU – CG59.
Mandataire  : LACHT-ENSAPL.
Responsable scientifique  : Denis Delbaere.
Chercheur : Sabine Ehrmann
Associés  : Conservatoire des sites naturels du Nord-Pas de Calais, laboratoire Génétique et évolution des populations végétales (UMR8016), Institut supérieur d’agriculture de Lille, Laboratoire Sols et environnement et laboratoire d’Écologie numérique et d’écotoxicologie (Lille 1), Conservatoire botanique national de Bailleul, Labo S (Université de Gand, Belgique).
Partenaires  : Lille Métropole, Communauté urbaine, Conseil régional Hauts de France – Nord-Pas de Calais – Picardie.

Reconnu « Action de Recherche Concertée d’Initiative Régionale » en 2013, ce programme a bénéficié d’un financement du Conseil Régional. Il a pris fin en 2015-2016, avec :

cf. Programme « En piste »

Architecture et obésité

OSCAH : Obésité sévère, comportement alimentaire, habitation (2013-2015)
, SHAMA : Santé-Habitation-Alimentation-Médecine-Architecture (2015-2017)



Durée  : 2013-2015 ; 2015-2017
Recherche financée dans le cadre du Programme « Cher-cheurs Citoyen » du CR Nord-Pas-de-Calais, développée avec la contribution de la MESHS (montage) et en partenariat entre :
  •  Le CHRU de Lille (équipe gestionnaire): laboratoire Biothérapie du diabète (UMR 859) – Pr. François Pattou, Dr. Marie Pigeyre, Hélène Verkeindt et Violeta Raverdy.
  • L’ENSAPL et le LACTH : Catherine Clarisse (chercheur LACTH, responsable du programme), Jean-Marc Zuretti (directeur de l’ENSAPL, 2013-2015) et François Andrieux (enseignant ENSAPL, actuel directeur de l’ENSAPL), Richard Klein (enseignant ENSAPL, directeur LACTH), Philippe Louguet (chercheur LACTH)
  •  Le collectif national des associations d’obèses  (OSCAH, 2013-2015) : Anne-Sophie Joly et Marie Citrini
  • L’équipe SciencesPo/ELIPSS/DIME (SHAMA, 2015-2017): Emmanuelle Duwez, Anne-Sophie Cousteaux, Anne Cornilleau, Mathieu Olivier.

Cette recherche a analysé l’impact de l’architecture de l’habitation, notamment de la cuisine, sur le comportement alimentaire et le développement de l’obésité sévère.


La première phase  (OSCAH) avait permis d’élaborer les protocoles d’enquêtes et de lancer les travaux, en binômes médecin et architecte, sur le terrain dans le Nord-Pas-de-Calais. Les premiers résultats ont nourri des publications et ont été divulgués et discutés dans le cadre de rencontres scientifiques et/ou citoyennes, telles que le séminaire transdisciplinaire Obésité et Habitation (MESHS, 21 mai 2015).


En septembre 2015, l’équipe OSCAH a été retenue dans le cadre d’un appel à projets de recherche lancé conjointement par l’équipe Sciences Po / ELIPSS (Etude longitudinale par internet pour les sciences sociale/ DIME-SHS (Données infrastructures et Méthodes d’enquête en Sciences Humaines et sociales). Sur la base des travaux antérieurs, a été développé un questionnaire quantitatif sur les comportements alimentaires dans l’habitation qui sera le support d’une nouvelle phase d’étude (SHAMA : Santé-Habitation-Alimentation-Médecine-Architecture).


De septembre 2015 à juin 2016, le questionnaire SHAMA a été modifié et complété avec l’équipe SciencesPo/ELIPSS/DIME (Emmanuelle Duwez, Anne-Sophie Cousteaux, Anne Cornilleau, Mathieu Olivier). afin de l’adapter au format des tablettes numériques tactiles dont sont équipés depuis 2 ans les panélistes (environ 900 personnes, panel représentatif de la population française métropolitaine) auxquels une enquête différente est soumise tous les 2 mois environ.


En juillet et août 2016 l’enquête SHAMA a été soumise aux panélistes. 81% des panélistes ont répondu, soit environ 600 personnes.


La phase enquête est actuellement terminée et les données sont en cours de traitement par l’équipe ELIPSS. Les résultats seront disponibles fin 2016 / début 2017 pour analyses et exploitation par les équipes OSCAH/SHAMA et ELIPSS.

Pièces intermédiaires

Le rôle des volumes intermédiaires dans la thermique et la qualité de l’air des logements
 

Durée  : (2012) 2013-2016
Dans le cadre du programme Ademe-Région pour la rénovation du parc de logements ouvriers et de maisons individuelles : « Habitat et Urbanisme : Lutte contre le changement climatique en Nord-Pas-de-Calais »
Mandataire  : ENSAPL – LACHT.
Responsables scientifiques  : Philippe Louguet (dir.), Ghislain His (coordonnateur) et Sylvain Gasté (Ensa de Nantes).
Partenaires  : laboratoire de Génie civil et de géo-environnement (Lille 3) et ses deux entités (HEI et FSA), Mission Bassin Minier, MESHS, Pôle Régional de Recherche et Valorisation en Ingénierie Urbaine et Habitat.

Durant la première phase de la recherche, deux maisons de la cité du 8ter à Bethune (l’une habitée et l’autre vide), ont été mises à la disposition par le bailleur social SIA. Trois types de travaux ont été menés en parallèle : l’analyse des maisons existantes (via une instrumentation et des test in situ), l’élaboration du projet suite à un état de l’art, la modélisation thermique du projet au fur et à mesure de son élaboration.
Un rapport intermédiaire faisant la synthèse de ces travaux a été remis à la Région fin juin 2015.

Une seconde phase de recherche auraît dû permettre le développement d’un projet architectural conduisant à la réalisation d’un prototype à l’échelle 1.

Elle n’a pas eu lieu. La recherche s’est donc arrêtée à ce stade dans l’espoir de trouver une opportunité, peut-être ailleurs avec éventuellement d’autres acteurs (principalement le bailleur social), de se concrétiser dans toute son ampleur.
>ill. vue d’une des maisons  de la cité du 8ter, Bethune (© LACTH 2014)

POPSU 1

La Plate-forme d’Observation des Projets et Stratégies urbaines (POPSU) est un programme de recherche émanant du Groupement d’Intérêt Public l’Europe des Projets Architecturaux et urbains (GIP-EPAU). Son objectif est d’analyser la complexité des systèmes d’action développés par les grandes villes françaises, de comprendre les stratégies d’adaptation et de transformation mises en oeuvre dans chaque aire métropolitaine, ainsi que la manière dont elles les transcrivent concrètement dans des politiques, des actions et des projets. Ainsi, l’objet d’étude du programme n’est pas l’urbain en général mais la ville « en train de se faire », les actions concrètes mises en oeuvre.

Les deux premières phases du programme POPSU ont concerné :

  • L’étude des projets urbains achevés, en cours et à venir de 7 aires métropolitaines françaises (Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Toulouse) ;
  • En complément à ces études, des analyses transversales permettent d’amorcer une comparaison autour des thématiques suivantes : fondements socio-économiques des projets et des stratégies urbaines ; gouvernance, système d’acteurs et maîtrise d’ouvrage urbaine ; développement durable ; logement et logement social ; formes urbaines.

 

Une troisième phase a été prévue pour des études comparatives à l’échelle européenne.

 

Téléchargez la présentation de ce programme de recherche >

Rénovation Urbaine en région Nord-Pas-de-Calais

Bilan et mise en perspective des projets 

janvier 2011- juillet 2012

Programme de recherche financé par l’Association régionale pour l’habitat Nord – Pas de Calais (ARH), en partenariat avec l’Union Sociale de l’Habitat

Établissement mandataire : LACTH-ENSAPL

Responsable scientifique : Philippe Louguet

Chercheur LACTH : Isabelle Estienne (coordination)

Péri- : ville invisible ?

Enjeux et outils d’un urbanisme descriptif

Durée : 2011-2014

Programme PUCA « Du périurbain à l’urbain » (convention de recherche n° 12 PUCA 04/2200542109), Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement (DGALN).

 

Mandataire  : LAUA – ENSA Nantes (responsable: Laurent Devisme).

Partenaires  : LACTH – ENSAPL (François Andrieux, Bénédicte Grosjean).

Membres de l’équipe : Arnaud Bertolotti, Anne Bosse, Guillaume Ertaud, Myriam Heaulme, Elisabeth Pasquier, Emmanuel Pinard, Céline Cassourret.

Le rapport de recherche, remis le 6 juin 2014, est téléchargeable et consultable au PUCA (Cote PUCA 1699 à 1708).

En 2014-2015 se sont tenus différents séminaires de restitution de cette recherche : avec les équipes du même appel d’offre (PUCA, janvier 2015), avec les équipes retenues pour l’appel d’offre « Ville ordinaire et métropolisation », et avec un public élargi (agences d’urbanisme, CAUE, collectivités) sur la ligne Nantes-Pornic.

 

Valorisation du programme :

La réflexion développée dans le cadre de cette recherche a trouvé des prolongements dans l’enseignement et dans le cadre de collaborations: Observatoire de la Ville, colloque Ville, Territoire, Paysage: vers un réseau de pratiques et de savoirs dans les ENSA(P) (mars 2015), etc.

Ill. Montage à partir de l’iconographie de l’ouvrage de Maria-Chiara Tosi et Stefano Munarin, Tracce di città, éd. Franco Angeli, 2002 (© François Andrieux)

POPSU2. Vivre ensemble dans l'espace métropolitain

Créativité, nouveaux liens, nouveaux territoires
2011-2014

 

Programme GIP EPAU, piloté par le PUCA au sein du Groupement d’Intérêt public AIGPPAU, avec le BRAUP.

Mandataire  : TVES, Lille 1.
Associés  : LACTH-ENSAPL, IFSTTAR, CETE Nord-Pas-de-Calais, Université de Tours. Partenaires : Lille Métropole Communauté urbaine, LMCU, ADULM, Villes de Lille, Roubaix et Tourcoing
Responsables scientifiques : Dominique MONS (Lacth), Didier Paris et Philippe Ménerault (TVES).
Coordination : Bruno Lusso (TVES) et Isabelle ESTIENNE (Lacth).
Chercheurs LACTH: Dominique Mons, Philippe Louguet et Catherine Grout
 
Le programme national s’est clôturé à l’été 2014 par le colloque national Métropoles en France, organisé à la Halle Pajol (Paris, 10 et 11 juin 2014). Sur le site du PUCA sont consultables les vidéos de cette rencontre ainsi que le rapport de recherche final de l’équipe lilloise.
 
Valorisation du programme :
  • publication de synthèse, sous la dir. de Christine Liefooghe, Dominique Mons et Didier Paris (parution prévue en 2016).
  • Journée d’étude « Quartiers créatifs, quartiers de gare : nouveaux liens, nouveaux lieux, nouveaux territoires ? », 24 septembre 2015 à Lille (amphithéâtre du CEREMA, 2 rue de Bruxelles).

 

 

Contactez-nous

Antonella MASTRORILLI

Antonella MASTRORILLI

Co-directrice

+33 3 20 61 95 78

Céline BARRERE

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Co-directrice

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Catherine BLAIN

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Ingénieure de recherche

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Isabelle CHARLET

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Secrétaire générale

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Adrien BRANSWYCK

Adrien BRANSWYCK

Adjoint au secrétariat

+33 3 20 61 95 78

Rayonnement

En dehors de leur production scientifique collective et individuelle (voir publications), les membres du LACTH collaborent à la vie de différentes revues (papier ou en ligne), de réseaux et d’associations, assurant la direction de manifestations, d’expositions ou de numéros de revue, contribuant par des articles ou en qualité de membres des comité scientifique ou comité de lecture. Parmi ces lieux de diffusion figurent notamment :

Les revues papier

  • Carnets du Paysage (Les) (ENSP de Versailles-Marseille)
  • Cahiers de la recherche architecturale et urbaine (Les) (MCC)
  • JoLA – Journal of Landscape Architecture (European Council of Landscape Architecture Schools)
  • Margenes (Faculté d’architecture de l’Université de Valparaiso, Chili)

Les revues en ligne

Les réseaux et associations

  •  Japarchi (Asie-IMASIE, CNRS, Institut des Mondes Asiatiques)association i
  • Anternationale des critiques d’art (AICA)
  • Association « Les Promenades urbaines« 

Réseaux de partenaires et collaborations

Dans le cadre de collaborations régulières ou ponctuelles, le laboratoire et ses membres entretiennent des relations avec, notamment, les structures suivantes :

  • Bureau de la recherche architecturale et urbaine et paysagère (BRAUP), Direction générale des patrimoines, Ministère de la Culture et de la Communication
  • Université de Lille
  • Maison Européenne des Sciences de l’Homme et de la Société (MESHS)
  •  École centrale de Lille (CNRS)
  • Institut Fédératif de Recherche sur les Economies et les Sociétés Industrielles (IFRESI), UniversitéLille 1
  • Centre d’Étude des Arts Contemporains (CEAC), Université Lille 3
  • Laboratoire Territoires, Villes, Environnement et Société (TVES), Université Lille 1
  •  Agence d’Urbanisme de la Communauté Urbaine de Dunkerque (AGUR)
  • Lille Métropole Communauté urbaine (LMCU)
  • Plate-forme d’Observation des Projets et des Stratégies Urbaines (POPSU), PUCA, GIP-EPAU (L’Europe des Projets Architecturaux Urbain)
  • Association européenne d’étude et de coopération en aménagement et en urbanisme (AEECAU)
  • Réseau international de recherche « TOPIA », sur la thématique du jardin & du paysage
  • Réseau Japarchi
  • Groupement d’intérêt scientifique « Biodiversité »
  •  Centre de recherche en histoire de l’art, Équipe Architecture, Ville et Design (AVD), Université Paris 1
  • Groupe d’étude de la ville régulière (GEVR), ENSAP de Bordeaux
    Laboratoire d’histoire de l’architecture contemporaine (LAC), ENSA de Nancy
  • Laboratoire d’architecturologie et de recherches épistémologiques sur l’architecture (LAREA), ENSA Paris-la-Villette
  • Laboratoire d’étude de l’architecture potentielle (LEAP), École d’architecture de l’Université de Montréal (Canada)
  • Département d’architecture, Zürcher Hochschule Winterthur (Suisse)
  • École polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse)
  • Institut d’architecture de l’Université de Genève (Suisse)
  • Centre d’archives d’architecture du 20e siècle
  • Cité de l’architecture et du patrimoine
  • Centre Georges Pompidou
  • Centre des Archives du Monde du travail
  • Archives modernes de l’architecture Lorraine (Amal)
  • Institut pour l’histoire de l’aluminium
  • Association Les amis de Jean Prouvé
  • Association des archives d’architecture du Nord (AAAN)
  • Association DOCOMOMO, France et international
  • Association Les Promenades urbaines
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